La cohabitation entre les personnes en situation d’itinérance et les citoyens du quartier Saint-Henri, où se trouve le refuge la Maison Benoît Labre, devient de plus en plus difficile. Des gens d’affaires et des résidents réclament la fermeture et le déménagement du centre de consommation supervisée.
Une manifestation organisée par l’homme d’affaire Peter Sergakis, de l’Union des payeurs de taxes foncières, aura lieu mardi soir devant la Maison Benoît Labre pour dénoncer les conditions «terribles» que les résidants du quartier doivent faire face.
«Comment on va régler le problème de l’itinérance si on leur offre une place pour aller se piquer? Les gens sortent dehors et sont dans des conditions terribles», dénonce M. Sergakis.
«On ne peut pas cohabiter ensemble, on ne peut pas», ajoute-t-il.
Un rassemblement en soutien à la Maison Benoît Labre se tiendra également mardi soir au métro Lionel-Groulx où plusieurs groupes communautaires se sont rassemblés.
«On juge inacceptable qu’un groupe de citoyens aille jusqu’à forcer la fermeture d’une ressource pendant des heures d’opération pour manifester leur grogne», déplore Annie Savage, directrice du Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal.
Selon elle, le milieu constate une hausse de l’hostilité face aux ressources pour les personnes en situation d’itinérance, et ce, partout à Montréal.
Elle souligne que le rassemblement de mardi soir permet à la fois de sonner l’alarme et d’envoyer un message au gouvernement.
«On a besoin de nos pouvoirs publics derrière nous, en appui et en reconnaissance», dit-elle, soulignant que les groupes communautaires font partie des solutions.
«Ce n’est pas nous qui avons créé la crise», ajoute-t-elle.
La mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada a d’ailleurs lancé un appel au calme aux manifestants.
«C’est important de ne pas déverser notre colère sur des intervenants sociaux qui, eux, sont des gens de première ligne, qui aident les personnes en situation d’itinérance», a déclaré la mairesse.
«Nous travaillons très fort pour trouver des solutions», a-t-elle ajouté.

