Une grande mobilisation convergeait devant l’Assemblée nationale lundi. Des citoyens de partout au Québec demandaient un moratoire sur le développement éolien et un BAPE générique pour analyser les impacts cumulatifs de la filière.
«Ça touche tout le Québec le développement éolien, qui se fait actuellement de façon antidémocratique et sans analyse des impacts cumulatifs», a lancé d’emblée Janie Vachon-Robillard, du Regroupement vigilance énergie Québec.
Elle soutient qu’il est temps «de prendre une pause» afin de réfléchir à une meilleure manière de développer l’éolien au Québec.
«Arrêtons-nous et faisons le BAPE générique pour voir c’est quoi la meilleure façon qui va avoir le moins d’impact sur les gens et sur le territoire», souligne-t-elle.
L’organisation ne s’oppose pas complètement au développement éolien, mais demande à ce qu’il soit fait en considérant davantage de l’acceptabilité sociale et avec plus de transparence.
«On est pour la décarbonation et la transition énergétique. Ce qu’on veut, c’est de faire une vraie transition et que l’éolien puisse servir à ça, mais qu’on le justifie comme il faut. Parce qu’en ce moment on le fait par le secteur privé qui est mené par des profits pour ses actionnaires», déplore Mme Vachon-Robillard.
Guillaume Ouellet, président DE ZEC Québec, appuie également le développement éolien, mais demande un meilleur équilibre.
«On veut avoir un multi-usage des forêts, mais là on est en train de rentrer dans ces territoires-là, qui sont un legs. Est-ce qu’une éolienne ou une redevance peut remplacer un territoire écosystémique? Non», avance-t-il.
L’autre inquiétude concerne l’avenir de la société d’État Hydro-Québec.
«On a fait des représentations auprès d’Hydro-Québec pour qu’Hydro-Québec reprenne le monopole de tout ce qui est énergie. Mais, actuellement, Boralex, Innergex et plus clairement Alliance de l’énergie de l’Est a un gros dossier dans le Bas-Saint-Laurent et c’est Énergie de France qui sont là actuellement. Donc, notre argent, l’argent des contribuables canadiens, québécois, s’en va ailleurs», déplore Patrick Gloutney, président du SCFP-Québec.
De son côté, Hydro-Québec a indiqué à Noovo Info «comprendre les préoccupations citoyennes» et souligne avoir renforcé ses critères liés à l’accès social dans ces appels d’offres. La société rappelle également les besoins en électricité dans la province.
