Le ministère américain de la Justice s’emploie à retirer la citoyenneté de 40 Américains naturalisés en raison d’allégations criminelles comprenant notamment l’espionnage, l’homicide volontaire et les abus sexuels sur mineurs. Parmi eux figure un avocat d’origine canadienne établi en Californie qui a été condamné à 85 mois de prison dans le cadre d’une affaire de fraude boursière.
Dans un communiqué de presse publié lundi, le procureur général des États-Unis, Todd Blanche, a qualifié cette initiative de «plus grande campagne de dénaturalisation de l’histoire moderne».
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
«Qu’il s’agisse d’une personne reconnue coupable d’espionnage ou d’autres personnes reconnues coupables d’infractions sexuelles contre des mineurs, ces accusés ont dissimulé des faits essentiels au gouvernement américain et constituent de graves délinquants», a rapporté M. Blanche. «Sous la direction du président Trump, le ministère de la Justice continuera de recourir à la procédure de dénaturalisation afin de préserver notre sécurité nationale et de protéger la population américaine.»
Les citoyens naturalisés sont des personnes nées à l’extérieur du pays dont ils acquièrent par la suite la citoyenneté. En vertu de la loi américaine, les citoyens naturalisés peuvent se voir retirer leur statut par ordonnance d’un tribunal fédéral dans certaines circonstances, notamment s’ils ont menti au sujet d’activités criminelles passées ou s’ils ont fourni de fausses informations dans leur demande.
Bien que rarement utilisées par le passé, les mesures de dénaturalisation se sont intensifiées sous l’administration Trump dans le cadre de sa lutte contre l’immigration illégale.
Andrew Coldicutt, âgé de 46 ans et qui serait né et aurait grandi à Vancouver, fait l’objet d’une procédure de dénaturalisation pour avoir prétendument dissimulé des activités criminelles lors de son processus de demande de citoyenneté.
En 2025, cet ancien avocat spécialisé en valeurs mobilières, qui exerçait à San Diego, a été reconnu coupable de chefs d’accusation fédéraux découlant de deux «stratagèmes de gonflement et de déversement», qui consistent à faire grimper artificiellement le cours des actions à l’aide d’un battage médiatique mensonger afin de revendre les actions pour réaliser un profit.
En juillet 2025, M. Coldicutt a été condamné à 85 mois de prison et s’est vu imposer une confiscation de 42 970 $ américains ainsi qu’une amende de 100 000 $ américains. Les registres pénitentiaires indiquent qu’il purge actuellement sa peine dans un établissement correctionnel fédéral situé à Herlong, en Californie.
«M. Coldicutt a obtenu sa naturalisation en se fondant sur des déclarations mensongères faites dans sa demande de naturalisation et lors de ses entrevues, selon lesquelles il n’avait jamais commis de crime pour lequel il n’avait pas été arrêté et qu’il n’avait jamais fourni de renseignements faux ou trompeurs à un fonctionnaire du gouvernement américain», a indiqué le ministère américain de la Justice dans son communiqué de presse publié lundi.
«En réalité, avant de présenter sa demande de naturalisation, M. Coldicutt s’était livré à des manœuvres frauduleuses en matière de valeurs mobilières, notamment un stratagème de pump-and-dump et un gypsy swap, qui impliquaient le dépôt de faux formulaires d’enregistrement de titres ainsi que de la fraude par télécommunication, et qui ont donné lieu à une enquête du FBI à son encontre», a-t-on expliqué par communiqué.
Parmi les autres personnes visées par une procédure de dénaturalisation dans le cadre de cette campagne figurent des ressortissants de pays tels que le Mexique, le Pakistan et le Royaume-Uni. Les allégations criminelles portent notamment sur le transport de pornographie juvénile, l’abus sexuel d’un mineur et l’usurpation d’identité. Deux ressortissants chinois font également l’objet d’une procédure de dénaturalisation en raison d’allégations d’espionnage et d’activité en tant qu’agent d’un gouvernement étranger.
«Chacune de ces personnes a menti pour obtenir la citoyenneté américaine», a fait savoir Brett A. Shumate, procureur adjoint de la Division civile du ministère américain de la Justice, dans le communiqué de presse. «Le gouvernement actuel poursuivra la plus grande campagne de dénaturalisation de l’histoire du ministère afin de rétablir la confiance et l’intégrité de la citoyenneté américaine.»

