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Manifs d’agents de la paix en services correctionnels: Québec s’adresse au Tribunal

La convention collective est échue depuis le 31 mars 2023.

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Le palais de justice de Montréal, photographié le 20 août 2025. LA PRESSE CANADIENNE Le palais de justice de Montréal, photographié le 20 août 2025. LA PRESSE CANADIENNE (Christinne Muschi)

MONTRÉAL — Le syndicat des agents de la paix en services correctionnels s'est engagé mercredi, devant le Tribunal administratif du travail (TAT), à mettre un terme aux moyens de pression qui ont perturbé en avant-midi les activités dans plusieurs établissements du Québec, dont des palais de justice.

Dans une décision rendue mercredi en début de soirée, le Tribunal fait part de «l’engagement du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec», au cours d'une audience tenue d'urgence mercredi après-midi à la demande du gouvernement du Québec, «de prendre, sans délai, tous les moyens qui s’imposent pour que les agents des services correctionnels reprennent le travail selon l’horaire habituel et effectuent leurs tâches de la manière usuelle».

Le TAT ajoute que le défaut du syndicat de respecter son engagement «constituera une violation d’une ordonnance du Tribunal».

Les agents de la paix en services correctionnels n'ont pas le droit de grève en vertu de la Loi sur la fonction publique.

Le Conseil du trésor avait indiqué plus tôt dans la journée qu'avec ses démarches auprès du Tribunal, il voulait «veiller au respect du cadre légal applicable», alors que les négociations se poursuivent avec le Syndicat des agents de la paix en services correctionnels pour renouveler la convention collective.

Le syndicat, rattaché à la Fédération des employé(e)s de services publics (FEESP), affiliée à la CSN, représente quelque 2900 membres qui travaillent dans 17 établissements de détention.

Mercredi matin, des agents de la paix en uniforme ont manifesté, crécelle en main, devant plusieurs établissements reliés à la Sécurité publique, dont des palais de justice.

Leur convention collective est échue depuis le 31 mars 2023, soit en même temps que celles des autres travailleurs des secteurs public et parapublic.

Le syndicat affirme se battre pour une plus grande reconnaissance de ses membres, alors que les autres employés de l'État ont obtenu 17,4 % d'augmentation sur cinq ans. Il rapporte que ses membres travaillent dans des conditions difficiles, avec les gangs de rue, la tension dans les établissements de détention, les drones et autres. Il soutient également qu'il y a un manque d'effectifs.

Le cabinet de la présidente du Conseil du trésor, France-Élaine Duranceau, a fait savoir que «les discussions avec le syndicat se poursuivent pour en arriver à une entente satisfaisante pour tous. Nous rappelons que nous avons réglé avec 99 % des salariés du secteur public et parapublic».

Le cabinet n'a pas voulu commenter davantage «considérant les négociations en cours».

Dans sa décision, le Tribunal a précisé que sa décision rendue mercredi «entre en vigueur immédiatement et le demeure jusqu’au renouvellement de la convention collective».

- Avec la collaboration de Lia Lévesque

La Presse Canadienne

Lia Lévesque

Lia Lévesque

Journaliste