Le règlement de la Ville de Montréal interdisant la location à court terme sur son territoire jusqu’au 10 juin n’a pas empêché plusieurs touristes internationaux de dénicher des Airbnb en vue du Grand Prix du Canada.
«Nous avons trouvé un Airbnb près du métro. Nous ne savions pas que c’était illégal, il y en avait plein (de disponibles)», a lancé une touriste provenant de l’Allemagne.
En consultant la plateforme Airbnb, Noovo Info a constaté que c’était bel et bien le cas. De nombreux logements sur l’île de Montréal sont affichés, et ce, bien que la Ville ait restreint la location à court terme dans les quartiers résidentiels du 10 juin au 10 septembre seulement.
Interrogée à ce sujet, la cheffe de section du programme des résidences touristiques, Korinne Foucher, assure que la Ville de Montréal est au courant de la situation. Elle assure qu’aucune exception à l’endroit des Airbnb ne sera tolérée et que des équipes sont sur place pour intervenir.

Or, une analyse indépendante menée par Raymond Chabot Grant Thornton a d’ailleurs révélé que ce règlement municipal causerait une perte de plus de 19 millions de dollars en activité économique à Montréal.
Cela représenterait un déficit de plus de 26 000 nuits d’hébergement lors du Grand Prix du Canada et le Championnats du monde de cyclisme sur route.
Le gestionnaire des politiques d’Airbnb au Canada, Louis-Martin Leclerc, partage cette crainte. Il réplique que ce règlement doit être retiré le plus rapidement possible, puisque le tourisme à Montréal ne se limite pas qu’à l’été.

Le président-directeur général de Tourisme Montréal, Yves Lalumière, avait d’ailleurs déclaré que Montréal devait pouvoir s’appuyer sur une offre d’hébergement «diversifiée et complémentaire pour répondre aux besoins variés des visiteurs, particulièrement en période de pointe».
«Les résidences de tourisme font partie de cet écosystème: près de 25 % des visiteurs préfèrent séjourner dans ce type d’hébergement», a-t-il souligné. «Il s’agit de reconnaître que la réalité d’une métropole quatre saisons exige une flexibilité mieux adaptée et encadrée à l’année. Il en va de notre capacité collective à accueillir le monde et à faire rayonner Montréal, tout en visant des ajustements équilibrés, respectueux de la qualité de vie des résidents.»
Rappelons que 350 000 visiteurs seront attendus sur le site du circuit Gilles-Villeneuve pendant le Grand Prix et qu’il faudra loger entre 175 000 et 200 000 visiteurs pour une durée de quatre à cinq jours lors de cette période.
À voir dans la vidéo.
- Avec la collaboration de Lila Mouch

