Le mot «Calgary» s’étend sur la coque d’un canoë rouge alors qu’une équipe se lance dans les eaux glacées du fleuve Saint-Laurent, à deux pas des plaines d’Abraham à Québec. Les cinq pagayeurs s’entraînent pour une course éprouvante et spectaculaire qui aura lieu dimanche dans le cadre du célèbre carnaval d’hiver annuel de la ville.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
Une cinquantaine d’équipes s’apprêtent à affronter les glaces flottantes et les courants rapides pour relier les deux rives du fleuve, du port de Québec à Lévis, et revenir.
«Aujourd’hui, le fleuve est assez dégagé. Ce n’est donc pas trop mal. Mais comme vous pouvez le voir, le courant est assez rapide», explique Barney McIlhargey.
«Il y a de gros morceaux de glace. Il faut tirer le bateau pour éviter de se retrouver coincé sous quelque chose. Oui, cela peut être très éprouvant physiquement et mentalement, c’est certain.»
— Barney McIlhargey
M. McIlhargey a plus de 70 ans et pratique ce sport extrême depuis 30 ans.
«Pour moi, c’est avant tout un défi», dit-il. «J’ai joué au rugby pendant des années, mais j’ai trouvé que c’était quelque chose de très difficile, vraiment difficile à faire. C’est ça, le défi.»

Les canots à glace étaient autrefois un moyen de transport essentiel, utilisé pour transporter des marchandises et des personnes sur le fleuve Saint-Laurent au XIXe siècle, lorsque la glace empêchait les bateaux de voyager d’une rive à l’autre.
La première course de canot à glace du Carnaval de Québec a eu lieu en 1894. Aujourd’hui, elle est un élément incontournable des festivités et attire de nombreux spectateurs qui viennent voir les équipes courir, pousser et grimper sur la glace le long d’un parcours en constante évolution, façonné par le froid et le vent.
«Vous glissez avec un pied, tous regardant vers l’avant à l’unisson», explique Russ Kueber. «Et puis vous touchez l’eau, vous devez revenir à votre siège.»

L’équipe de Calgary entretient des liens de longue date avec la course de Québec.
«Calgary et Québec, nos villes jumelles. Il y a donc un échange culturel», explique M. Kueber. «Un groupe du carnaval se rend à Calgary pendant le Stampede. Et Bonhomme Carnaval (la mascotte) est toujours là pour saluer les Calgariens. Puis, pendant le carnaval ici, un groupe de Calgary vient nous rendre visite.»
Des équipes provenant de provinces où les opinions politiques ne sont pas toujours les mêmes pagayent côte à côte et trouvent un terrain d’entente dans les eaux glacées.
M. Kueber a siégé dans le bateau de Calgary pendant des années, mais il a finalement rencontré à Québec une personne qui pratiquait également le canot à glace. Il y a vingt ans, il a déménagé dans la capitale provinciale et les deux se sont finalement mariés et ont eu des enfants.

«C’est un sport tellement amusant», dit-il. «Les conditions changent si souvent que la course peut durer 45 minutes, mais elle peut aussi durer plus de deux heures.»
Mais il y a des dangers, et McIlhargey a quelques conseils avisés à partager.
«Nous avons certaines règles pour le canot à glace, dit-il. La première est: ne lâchez pas le bateau. La deuxième est: ne lâchez jamais le bateau. La troisième est: ne lâchez jamais, jamais le bateau. Parce que si vous lâchez le bateau, vous pourriez disparaître.»

