Corrine Maclellan, une résidente d’Halifax, a reçu par la poste la dernière édition de l’annuaire téléphonique de la ville.
Ce texte est une traduction d’un contenu de CTV News.
«On l’a sorti de la boîte aux lettres, on l’a ramené à la maison et on l’a tout de suite jeté dans le bac de recyclage», a expliqué Mme Maclellan.
Depuis l’avènement d’Internet, les annuaires téléphoniques papier sont devenus moins courants. Ils ont été supprimés dans de nombreuses villes canadiennes, mais ils sont toujours distribués en Nouvelle-Écosse.
Pourtant, Mike McJannet n’en a pas utilisé un seul depuis 20 ans.
«Il y a d’autres façons de faire les choses aujourd’hui», a soutenu M. McJannet.
Les annuaires téléphoniques rétrécissent et sont progressivement supprimés.
«Je pense que d’ici deux ou trois ans, nous ne verrons probablement plus d’annuaires téléphoniques », a affirmé l’anthropologue numérique Giles Crouch.
CTV News a contacté Pages Jaunes, la société qui produit l’annuaire téléphonique en Nouvelle-Écosse, pour lui demander combien de temps encore il serait produit, mais nous n’avons pas reçu de réponse.
M. Crouch a indiqué qu’aujourd’hui, les listes téléphoniques sont disponibles en ligne, rendant les annuaires superflus.
«Toute technologie à usage unique pouvant être remplacée par la technologie numérique le sera.»
— Giles Crouch, anthropologue numérique
Il a ajouté que cette même technologie en ligne a transformé de nombreux aspects de nos vies.
Même les manuels d’instructions papier et autres documents imprimés sont progressivement remplacés par les codes QR des téléphones intelligents.
«On peut aussi les utiliser pour consulter le menu d’un restaurant», a ajouté l’anthropologue. «On l’a beaucoup vu pendant la pandémie. Et on peut aussi s’en servir pour l’authentification à deux facteurs, pour plus de sécurité.»
Bill VanGorder, défenseur des aînés, se demande: alors que les annuaires téléphoniques, les manuels papier et les menus imprimés disparaissent peu à peu, qu’est-ce que cela signifie pour les personnes qui n’ont pas accès à un téléphone intelligent ou à Internet?
M. VanGorder a indiqué que près de 30 % des aînés canadiens ne sont pas en ligne, ce qui signifie que beaucoup dépendent encore des annuaires téléphoniques.
«Le problème pour eux, c’est que leurs enfants — les personnes qu’ils veulent appeler — ont tous des cellulaires, et ces numéros ne figurent pas dans l’annuaire», selon lui.
Il souhaite que les aînés s’adaptent aux technologies numériques afin de préserver leur autonomie et leurs liens sociaux.

