Société

Croix gammée et salut nazi: une vidéo d’un combat de kickboxing devenue virale dérange

Mais pour le codirecteur de l’Observatoire sur la radicalisation et l’extrémisme violent, il n’y a rien de surprenant avec cet événement...

Publié le 

Des partisans antisémites brandissent un drapeau nazi David Morin, codirecteur de l'Observatoire sur la radicalisation et l'extrémisme violent, discute de la montée de l’extrême droite.

Une vidéo troublante du combat de kickboxing entre Gypsy Crusader, connu pour son antisémitisme, et le combattant juif Ben Azoulay est devenue virale. On y voit des partisans brandir un drapeau de la croix gammée et faire des saluts hitlériens après la victoire de Gypsy Crusader.

La vidéo dérange plusieurs internautes, choqués de voir des expressions d’extrême droite être valorisées. Mais pour David Morin, codirecteur de l’Observatoire sur la radicalisation et l’extrémisme violent, il n’y a rien de surprenant avec cet événement qui se produisait à Orlando, en Floride, la fin de semaine dernière.

«La question de l’extrémisme de droite des mouvements néonazis aux États-Unis n’est évidemment pas récente. C’est assez régulièrement qu’on voit des manifestations avec des drapeaux avec des croix gammées, avec des saluts nazis», explique-t-il en entrevue avec Noovo Info.

Il indique que le premier amendement aux États-Unis accorde aux Américains une liberté d’expression «extrêmement importante» à tout le monde, rendant de tels événements presque anodins.

Il dit d’ailleurs ne pas être surpris de la tournure des événements du weekend dernier, soulignant que les deux combattants sont tous deux des influenceurs.

«On a l’impression qu’ici, il y a deux individus qui veulent rejoindre leur audience et chacun savait exactement où il s’en allait», explique M. Morin.

Il souligne également que les groupes d’extrême droite aux États-Unis valorisent depuis plusieurs années la culture du physique et notamment les sports de combat.

«Pour se préparer finalement, si vous voulez, à des combats, soit dans la rue, soit évidemment à des guerres raciales, etc.» dit-il.

Il rappelle toutefois que même si l’extrême droite s’intéresse beaucoup aux sports de combat, «l’immense majorité des combattants» n’adhère pas du tout à cette idéologie.