Encore plus de Québécois sont à la recherche d’un logement qu’à la même période l’an dernier, dénonce le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU).
La porte-parole de l’organisme, Véronique Laflamme, souligne que 2039 locataires sont accompagnés activement à travers la province afin de trouver un logement, citant les données de la Société d’habitation du Québec (SHQ), lors d’une conférence de presse à Montréal, vendredi.
Leur nombre est plus élevé que les 1899 ménages aidés l’an dernier, en hausse par rapport à 1698 en 2024. «Ça en dit long sur la profondeur de la crise qu’on traverse», déplore-t-elle.
La SHQ précise toutefois que «ces demandes d’aide ne sont pas nécessairement liées à des ménages qui risquent d’être à la rue», dans un courriel. «Dans certains cas, il s’agit d’une simple demande d’information.»
Pour sa part, Mme Laflamme juge que ces chiffres ne représenteraient que la pointe de l’iceberg. Tous les locataires en recherche de logement n’ont pas nécessairement fait une demande d’accompagnement.
«Ces données-là n’incluent pas non plus des ménages locataires qui, par dépit, dans les dernières semaines, ont signé un bail pour un logement trop cher, trop petit pour leur famille, des locataires qui demeurent dans des logements en mauvais état ou dans des logements où on est en situation de surpeuplement, à défaut de trouver mieux.»
Les salaires ne suivent pas les loyers
Le FRAPRU estime que la hausse des coûts du loyer explique l’augmentation du nombre de Québécois qui se trouvent dans une situation précaire.
Au Québec, le loyer moyen d’un logement à deux chambres, communément appelé quatre et demi, était de 1272 $ en octobre 2025, selon les données de la SCHL.
Ce même loyer était de 815 $ en octobre 2019, avant le début de la pandémie, ce qui représente une augmentation de 56 %.
Le salaire moyen à l’heure a augmenté de seulement 32 % au cours de la même période, selon les données de l’Institut de la statistique du Québec. «Ça nous inquiète, l’appauvrissement de l’ensemble des locataires», déplore Mme Laflamme.
«On normalise le fait que les gens, finalement, consacrent une part trop importante de leur revenu pour se loger, ajoute-t-elle. Les gens ont de moins en moins de sous pour l’épicerie, pour le transport.»
Elle trouve «frappant» que les mises en chantier soient en progression. Cela démontrerait que les nouveaux logements construits dans le marché privé ne permettent pas de répondre aux besoins des moins nantis, selon elle.
Elle profite de la campagne électorale à venir pour inciter les principaux partis s’engager à investir davantage dans le logement social.
Un enjeu à travers le Québec
Cette situation n’est pas que confinée à l’île de Montréal et les grandes municipalités du Québec. «Ce n’est pas quelque chose qu’on voyait dans les années 2000, 2010, dit la porte-parole du FRAPRU. Quand il y a eu de grandes périodes de pénurie de logements locatifs au Québec, c’était davantage dans les grandes villes.»
La Montérégie est la région où il y a le plus d’accompagnement cette année, soit 411, suivie de la Capitale-Nationale à 299. Les accompagnements dans ces deux régions connaissent une forte hausse.
La situation est relativement stable à Montréal avec 278 accompagnements.
«Si on met ces données-là sur le nombre de locataires dans une région donnée, on voit aussi que la donnée demeure tout aussi préoccupante au Bas-Saint-Laurent, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, dans les Laurentides, dans Lanaudière», précise-t-elle.
«Il n’y a pas de régions où il n’y a pas d’enjeux pour les locataires en recherche d’un logement», insiste-t-elle.
