Le nombre de crimes haineux signalés par la police est resté stable en 2024, après avoir connu une forte hausse les années précédentes, selon Statistique Canada.
L’organisme fédéral indique qu’il y a eu 4882 crimes haineux au Canada en 2024, soit une augmentation de 1 % par rapport à l’année précédente.
Cette évolution fait suite à une hausse de 34 % entre 2022 et 2023 et après que le nombre de signalements eut plus que doublé depuis 2018.
«La stabilité relative du nombre total de crimes haineux déclarés par la police en 2024 est attribuable à des variations au chapitre des motifs», a expliqué Statistique Canada.
L’organisme fédéral fait état d’une augmentation de 8 % des incidents ciblant l’origine ethnique en 2024, et d’une baisse de 26 % du nombre de cas ciblant l’orientation sexuelle.
Le nombre de crimes haineux signalés à la police et ciblant la religion est resté relativement stable, après une augmentation de 154 % entre 2020 et 2023, passant de 530 incidents à 1345.
En 2024, 70 % des crimes haineux ciblant la religion visaient les populations juives. Dix-sept pour cent visaient les populations musulmanes et le reste d’autres religions.
Statistique Canada a comparé les données sur les crimes haineux entre deux périodes de trois ans: 2019 à 2021 et 2022 à 2024.
L’agence a indiqué que «la proportion de crimes haineux liés aux méfaits qui ont ciblé une religion a diminué» au cours de la période 2022-2024, tandis que «les crimes haineux ciblant une religion sont devenus proportionnellement plus violents».
Entre les périodes 2019-2021 et 2022-2024, le nombre de crimes haineux violents visant la religion a augmenté de 116,3 %, tandis que les crimes haineux non violents visant la religion ont augmenté de 57,2 %.
Au cours de la période 2022-2024, les crimes haineux étaient environ huit fois plus susceptibles de se produire à proximité d’établissements d’enseignement que d’autres crimes, a noté Statistique Canada.
«De plus, comme on pouvait s’y attendre, les crimes haineux ciblant une religion étaient les plus susceptibles de se produire à proximité d’une institution religieuse, même si cette tendance a diminué au fil du temps.»
Le gouvernement libéral a présenté un projet de loi sur les crimes haineux qui créerait de nouvelles infractions pour le fait d’intimider ou d’entraver une personne à l’extérieur d’un établissement religieux ou d’un établissement utilisé par un groupe identifiable à des fins précises, telles que des fins éducatives ou culturelles.
Il érigerait également en infraction pénale le fait de promouvoir délibérément la haine par l’utilisation de symboles haineux et définirait pour la première fois la notion de «haine» en droit criminel. Le projet de loi a été adopté en troisième lecture à la Chambre des communes la semaine dernière et est désormais devant le Sénat.
Des groupes de défense des libertés civiles, des associations communautaires et des syndicats ont prévenu que ce projet de loi donnerait trop de pouvoir à la police et pourrait criminaliser la protestation, tandis qu’un amendement visant à supprimer l’exemption religieuse pour les discours haineux a suscité l’opposition de certains groupes confessionnels et des conservateurs fédéraux.
Les données de Statistique Canada proviennent d’un recensement de tous les incidents criminels portés à la connaissance des services de police au Canada.
C’est la police qui détermine si un crime a été motivé par la haine, et les chiffres incluent à la fois les incidents de crimes haineux confirmés et présumés.
Statistique Canada précise qu’un crime haineux peut être commis contre «une personne ou un bien et être motivé, en tout ou en partie, par des préjugés, des préjudices ou la haine», sur la base de facteurs tels que la race, l’origine ethnique, la religion ou l’orientation sexuelle.
Le Code criminel énumère également cinq types de propagande haineuse ou de crimes haineux, notamment l’incitation au génocide contre un groupe identifiable et la promotion délibérée de la haine contre un groupe identifiable.

