La CSQ propose entre autres une taxe de 30 cents le litre sur les boissons sucrées, afin de contribuer à assurer un financement stable et suffisant des services publics.
C’est là l’une des suggestions que fait la centrale syndicale, dans le cadre des consultations prébudgétaires que mène le ministre des Finances, Eric Girard. Elle rencontre le ministre lundi après-midi, en compagnie des autres centrales: FTQ, CSN et CSD.
On ignore encore la date de présentation du budget du ministre Girard.
Pour dégager plus de revenus, la centrale du milieu de l’éducation propose aussi de faire une pause de trois ans dans les versements au Fonds des générations et d’augmenter le quatrième palier d’imposition.
«Au cours des dernières années, le gouvernement a baissé les impôts, a baissé les taxes scolaires, a baissé différentes choses. Donc, si on veut financer tout ça, oui, il faut avoir des idées pour être en mesure d’augmenter (les revenus), en étant conscient, aussi, que la population a une capacité de payer. Donc, c’est de trouver cet équilibre-là. Et c’est ce qu’on propose, lors de cette consultation», a résumé en entrevue Éric Gingras, président de la CSQ.
La centrale syndicale suggère également de développer le réseau des Centres de la petite enfance, en plus d’augmenter le salaire minimum à 20 $ l’heure.
Elle fait valoir qu’en plus de permettre aux travailleurs payés au salaire minimum de vivre plus décemment, cela aurait le mérite d’apporter davantage de revenus au gouvernement, à cause des impôts et taxes payés.
M. Gingras insiste sur le fait que les réseaux de la santé et de l’éducation ont besoin de stabilité et de prévisibilité. «L’idée de dire ‘on gèle, on arrête’ et dire que ça n’a pas d’impact, on le sait que c’est faux. La population veut des services, donc des choix politiques doivent être faits. Oui, il faut les financer et c’est pour ça qu’on propose des choses pour les financer.»
FTQ, CSN et CSD
La FTQ ajoute à ces réinvestissements dans les services publics la revendication de se doter d’une politique industrielle ambitieuse et d’aider les travailleurs aux prises avec l’incertitude économique.
«Québec doit renoncer à tout scénario de compression. Longtemps niée par le gouvernement de la CAQ, la crise du logement frappe durement la population, et cela c’est sans parler de la crise de l’itinérance et des banques alimentaires de plus en plus fréquentées par des travailleurs et travailleuses. On ne peut plus rester les bras croisés en espérant que le temps va tout arranger », a fait valoir le nouveau secrétaire général de la FTQ, Olivier Carrière.
La présidente de la CSN, Caroline Senneville, a renchéri: «des baisses d’impôts, qui ont profité surtout aux mieux nantis, une ouverture toujours plus grande au secteur privé qui engloutit des sommes colossales, des millions perdus dans la filière batterie sans même qu’un seul emploi ne soit créé, sans parler de cet entêtement à rembourser la dette du Québec coûte que coûte, malgré les indicateurs révélant que celle-ci est sous contrôle… Ces choix ont un coût, et ce sont les travailleuses et les travailleurs qui en font les frais».
«Le Québec fait face à des transformations majeures de son économie. Ces changements sont profonds et multiples, qu’il s’agisse de nouveaux marchés, de technologies numériques, de hausse de la productivité ou de la disponibilité et de la qualification de sa main-d’œuvre. Pour arriver à relever simultanément ces défis, le ministre des Finances a non seulement l’occasion d’agir comme un catalyseur de ces transformations, mais il en a la responsabilité», a commenté le président de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD), Luc Vachon.

