Bien que les progrès soient lents, la proportion de femmes dans l’industrie de la construction au Québec a atteint 4,1 % en 2025, soit 8200 femmes.
Il s’agit d’une légère augmentation par rapport aux 7885 de l’année précédente, alors qu’elles représentaient 3,98 % de l’ensemble, indique la Commission de la construction du Québec, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes.
«À 4 %, le Québec a fait son rattrapage en regard de la moyenne canadienne», a souligné en entrevue vendredi Audrey Murray, présidente-directrice générale de la Commission.
Plusieurs défis demeurent, toutefois, notamment celui de les retenir dans l’industrie. Une femme sur deux abandonne en cinq ans, alors que c’est le cas de 32 % des hommes durant la même période.
C’est dans ce cadre que la CCQ a fait faire une évaluation du Programme d’accès à l’égalité des femmes dans l’industrie, pour les 10 dernières années.
Le rapport de l’École nationale d’administration publique (ÉNAP), qui s’est penché sur les années 2013 à 2023, souligne d’autres progrès. «On a doublé le nombre d’inscriptions dans les programmes d’études, au niveau des femmes. On a doublé la diplomation des femmes dans les métiers et occupations. On a plus que doublé les femmes actives qui détiennent un certificat de compétence. Puis, on a plus que doublé le nombre d’entreprises qui embauchent des femmes», rapporte Mme Murray.
Le nombre d’entreprises qui emploient au moins une femme est passé de 1937 en 2013 à 4466 en 2023.
Leur part des inscriptions aux programmes d’études est passée de 4,5 % en 2013 à 9,1 % en 2023.
Leur diplomation est passée de 3,8 % en 2013 à 7,7 % en 2023.
Toutefois, le rapport dénote aussi que des progrès restent à faire pour améliorer le climat de travail et rendre les milieux plus sains et inclusifs.
Le passage des études aux premiers emplois représente aussi un défi pour les femmes qui veulent intégrer l’industrie.
Du travail reste aussi à faire en matière de conciliation travail-famille, puisque les journées de travail commencent souvent à 7h et que les salariés doivent travailler à des endroits différents, d’un chantier à l’autre. D’ailleurs, ce thème est aussi cher aux hommes, puisqu’il faisait partie des dernières négociations pour le renouvellement des conventions collectives.
Mme Murray rapporte que la demande pour des travailleurs est grande dans l’industrie de la construction «avec le carnet de commandes historique qu’on a devant nous»: construction de logements, rénovations d’écoles, d’hôpitaux, de routes, d’infrastructures, des projets d’Hydro-Québec, etc.

