Selon une étude sur les routes de l’île, les embouteillages à Montréal sont passés de «minimes» à «maximales».
La Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) et Tourisme Montréal ont publié il y a trois ans un rapport intitulé «Blocage minimum». La version de cette année comporte une barre oblique barrant le mot «minimum» et s’intitule désormais Blocage maximum: poser des gestes concrets pour un impact visible sur la gestion des chantiers et la fluidité.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
Les deux organisations affirment que l’étude «dresse un tableau inquiétant de la circulation routière et de la gestion des chantiers publics et privés dans la ville».
«Se déplacer à Montréal ne devrait pas être un parcours du combattant, mais c’est pourtant devenu une réalité quotidienne pour tout le monde», a déclaré Isabelle Dessureault, présidente-directrice générale de la CCMM. «Entre les chantiers interminables, les déviations imprévues et les routes constamment encombrées, la circulation est désormais un problème pour les citoyens, les travailleurs et les visiteurs. Ce qu’il faut, c’est une planification intégrée, une coordination étroite et une discipline opérationnelle exemplaire.»
M. Dessureault soutient qu’une «action immédiate» était nécessaire pour coordonner les chantiers de construction et «rétablir l’ordre dans un système qui est actuellement trop souvent hors de contrôle».
Même si 2025 a vu une diminution des artères obstruées, les organisations affirment que Montréal reste affectée par «une coordination insuffisante et mal coordonnée, une signalisation intrusive et une qualité d’exécution inégale».
«Les panneaux publicitaires envahissants et les chantiers mal coordonnés nuisent directement à notre attractivité», a indiqué Yves Lalumière, directeur général de Tourisme Montréal. «Des solutions existent, et il est temps de les mettre en œuvre. L’esthétique n’est pas un luxe: c’est un facteur de compétitivité internationale. Cette mise à jour de l’étude est une main tendue à la nouvelle administration, à laquelle nous offrons notre entière collaboration. Redonnons à Montréal la qualité d’expérience qu’elle mérite.»
L’étude a révélé que la congestion et le chaos persistent en raison d’une faible productivité et d’une mauvaise planification dans le domaine de la construction, d’une qualité médiocre des travaux publics et d’un manque de coordination.
Le rapport critique la ville pour sa «culture du laxisme» et, bien sûr, pour la surabondance de cônes orange.
L’étude a révélé qu’entre 2024 et 2025, le nombre de routes encombrées a diminué de 40 %, mais que ce chiffre «masque des défis structurels persistants».
Les auteurs du rapport affirment qu’il est devenu impossible de déterminer le nombre de routes bloquées dans le centre-ville, car les données sont présentées dans un format difficile à analyser.
«La surabondance de signalisation et le manque de modulation pendant les travaux de construction amplifient la perception d’une ville paralysée par les travaux routiers», affirment les organisations dans un communiqué de presse.
L’étude propose les solutions suivantes à la nouvelle administration de la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada :
- Déployer une unité d’intervention dans les 100 premiers jours du mandat de la nouvelle administration afin de coordonner les chantiers et de supprimer rapidement les obstacles dans le centre-ville.
- Améliorer et corriger la plateforme technologique actuelle de gestion des actifs afin d’augmenter le nombre de chantiers gérés de manière intégrée avec les parties prenantes.
- Entreprendre une réforme ambitieuse des normes de signalisation afin de les adapter à un contexte urbain dense;
- Développer immédiatement un jumeau numérique de la ville;
- Établir une norme pour ne pas rouvrir les rues;
- Exiger des réparations complètes par section et;
- Créer des prix annuels récompensant les meilleures pratiques.
Les deux groupes déplorent le fait que «les cônes orange soient devenus le symbole involontaire de Montréal».
«Pas de progrès, mais d’une ville où il est difficile de se déplacer et où, trop souvent, nous tournons en rond», ont déclaré les deux présidents. «Il est urgent que nous reprenions le contrôle de nos projets de construction afin de redonner à Montréal la mobilité qu’elle mérite. Nous continuerons à proposer des solutions concrètes, des analyses rigoureuses et des pratiques inspirées des villes les plus avancées au monde.»
