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Comment une vedette canadienne de soccer a sauvé des centaines de jeunes filles des talibans

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Farkhunda Muhtaj Farkhunda Muhtaj, au centre, capitaine de l'équipe nationale féminine d'Afghanistan, distribue des maillots d'entraînement à ses coéquipières lors d'une séance d'entraînement sur un terrain de football à Odivelas, près de Lisbonne, le jeudi 30 septembre 2021. Crédit image | Photo AP (Ana Brigida/AP)

Farkhunda Muhtaj s’est entraînée avec courage et détermination pendant la majeure partie de sa vie, entrant dans l’histoire l’année dernière en devenant la première joueuse recrutée par le Calgary Wild FC dans l’histoire de cette franchise de la Northern Super League.

Originaire de Scarborough, en Ontario, mais née au Pakistan, elle a mis à profit cette même détermination et cette même ténacité pour offrir une voie vers la liberté à des dizaines de jeunes filles en Afghanistan, pays natal de ses parents.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News

«J’espère qu’avec cette Coupe du monde, et le passage de 32 à 48 équipes, les gens découvriront de nombreuses nations différentes », a déclaré Farkhunda Muhtaj à CTV News. «Et j’espère qu’ils pourront réellement en apprendre davantage sur l’histoire de ces peuples, ainsi que sur certains des sacrifices et des épreuves qu’ils ont traversés.»

Et elle est bien placée pour le savoir.

En août 2021, les talibans ont pris le contrôle de Kaboul, en Afghanistan, et ont commencé à s’en prendre aux jeunes sportives, qui se sont vu interdire la pratique du sport.

À des milliers de kilomètres de là, au Canada, Mme Muhtaj a reçu un appel qui a bouleversé sa vie de la part du secrétaire général de la Fédération afghane de football, qui «m’a demandé de l’aide de toute urgence, car la vie de ces jeunes filles et de leurs proches était en danger et qu’il fallait quelqu’un pour les évacuer immédiatement».

C’était une demande qui semblait impossible, mais elle se trouvait dans une position unique pour aider. Mme Muhtaj était la capitaine de l’équipe nationale féminine afghane, qui avait ses racines dans le pays, mais s’entraînait dans des camps à l’étranger en raison des menaces pour la sécurité sur le territoire national.

De nombreuses joueuses des équipes juniors, cependant, étaient restées sur place, piégées et désespérées.

«J’appelais des avocats et des organisations humanitaires au Canada, mais personne n’était en mesure de m’aider», a-t-elle mentionné. «Puis, grâce à une formidable mentor et amie… elle a pu me mettre en relation avec d’anciens agents des services de renseignement américains, et ils ont participé à une réunion Zoom avec moi. Je leur ai simplement expliqué le caractère sensible de la situation.»

Le plan consistait à évacuer Kaboul avant le 31 août – date du dernier vol. Mme Muhtaj communiquait avec les joueuses par le biais de discussions WhatsApp cryptées et de messages vocaux, car les talibans interceptaient les communications.

«Je leur ai demandé leurs passeports et leurs pièces d’identité, juste pour être prête», a expliqué Mme Muhtaj.

Le moment venu, les filles, voyageant séparément, ont entrepris le périlleux trajet jusqu’à l’aéroport. Mais le simple fait d’y arriver ne garantissait pas qu’elles puissent prendre un vol.

À leur arrivée, leur rêve d’un vol vers la liberté s’est envolé.

«Même si nous avons essayé à de nombreuses reprises, nous avons échoué des dizaines et des dizaines de fois», a dit Mme Muhtaj.

Elles ont donc mis en œuvre leur plan de secours : un trajet de 10 heures en bus vers le nord-ouest, jusqu’à Mazar-i-Sharif.

Mais elles n’ont pas pu partir de là non plus.

«Notre plan suivant était donc de les faire sortir par l’Ouzbékistan et le Tadjikistan, via les frontières nord», a expliqué Mme Muhtaj.

Mais celles-ci étaient fermées.

Elles sont donc restées dans un refuge pendant près de trois semaines. Ce fut une attente angoissante – jusqu’à ce que, selon Mme Muhtaj, une bouée de sauvetage leur soit lancée.

«Le Portugal s’est proposé de leur accorder l’asile, et nous n’avons disposé que d’un créneau très court de trois heures pour les faire sortir de la maison d’accueil, les faire monter dans des bus, les conduire à l’aéroport, les faire embarquer dans l’avion et les faire sortir du pays», a-t-elle expliqué. «Nous avons pu mener cette opération à bien le 19 septembre 2021.»

Elle se trouvait au Portugal au moment où les 80 joueuses afghanes et leurs familles ont atterri.

Farkhunda Muhtaj was in Portugal the moment 80 Afghan soccer players and their families landed. Farkhunda Muhtaj se trouvait au Portugal au moment où 80 joueuses afghanes et leurs familles ont atterri.

Deux mois plus tard, 225 autres personnes sont arrivées.

«On ressentait un immense soulagement à l’idée qu’ils soient enfin en sécurité et que tout se soit bien passé, car c’est un risque énorme», a-t-elle dit.

L’histoire de Mme Muhtaj, ainsi que le courage des jeunes filles qu’elle a aidées, a été portée à l’attention de Meta, la société mère de WhatsApp, qui a utilisé les messages de chat originaux pour en faire un documentaire d’une demi-heure intitulé «We Are Ayenda».

En 2024, «We Are Ayenda» a remporté le Grand Prix de la catégorie Divertissement au Festival de la créativité Cannes Lions.

«Ayenda» signifie «avenir» en pachto et en dari, langues parlées en Afghanistan.

«Pour être honnête, c’est vraiment inspirant», a dit Rod Moran, directeur créatif mondial de la Family of Apps chez Meta. «C’est comme si elle était une idole pour moi.»

Aujourd’hui, Mme Muhtaj souhaite que les joueuses visent encore plus haut.

Lors d’une réunion à Vancouver en avril dernier, la FIFA a officiellement reconnu l’équipe nationale féminine d’Afghanistan, ce qui, comme l’explique Mme Muhtaj, «signifie que nous pouvons participer à des compétitions internationales…»

«Les joueuses en exil, au moins, peuvent disputer des compétitions.»

L’objectif ? Se qualifier pour la première édition de la Coupe du monde des clubs féminins de la FIFA, qui se tiendra à Los Angeles en 2028.