La Colombie-Britannique a annoncé lundi que la province changerait ses horloges pour la dernière fois ce mois-ci, mais il semble que les Québécois ne suivront pas cet exemple de sitôt, même si la grande majorité de la population soutient cette mesure.
En octobre 2024, le ministre de la Justice du Québec, Simon Jolin-Barrette, a lancé une consultation publique afin de recueillir l’avis des habitants sur le changement d’heure biannuel et sur l’opportunité de le supprimer.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
Les résultats ont été sans appel: sur plus de 214 000 réponses au questionnaire en ligne, 91% des participants se sont prononcés en faveur de la suppression totale du changement d’heure, et 72% ont affirmé que le Québec devrait conserver l’heure d’été toute l’année.
Beaucoup ont cité les heures d’ensoleillement, les effets sur la santé physique et mentale et la qualité du sommeil comme raisons pour ne pas changer l’heure deux fois par an.
Le gouvernement affirme qu’il étudie les résultats depuis leur publication le 8 mars 2025.
Interrogé sur les prochaines étapes de la province, un porte-parole de M. Jolin-Barrette a déclaré à CTV News : « Nous n’avons aucune annonce à faire pour le moment. »
«Nous avons pris note du souhait des Québécois de mettre fin à l’heure d’été. Les analyses faisant suite aux consultations avec des experts, notamment des secteurs économique et sanitaire, sont en cours», a écrit Julien Garon dans un courriel lundi.
Selon lui, le changement d’heure se déroulera comme prévu le 8 mars, date à laquelle les Québécois avanceront leurs horloges d’une heure.
Lorsque le ministre a annoncé la consultation publique en 2024, il a soutenu qu’il était temps de s’interroger sur la pertinence de ce changement, mais il ne s’est pas engagé sur un calendrier pour l’adoption d’une loi et n’a jamais pris l’engagement de s’en tenir à l’heure d’été ou à l’heure d’hiver.
Les experts ont suggéré de supprimer le changement d’heure, qui a été associé à une augmentation des accidents de la route, à un risque plus élevé d’accident vasculaire cérébral et à des répercussions sur la productivité.
L’Ontario a adopté en 2020 une loi visant à rester définitivement à l’heure d’été, mais le projet de loi était subordonné à la décision du Québec et de l’État de New York de faire de même.
M. Jolin-Barrette a précédemment précisé que le Québec avait «une autonomie totale» sur cette question et pouvait prendre sa propre décision. C’est exactement ce qu’a fait la Colombie-Britannique.
L’ancien premier ministre John Horgan avait présenté un projet de loi visant à mettre fin au changement d’heure, mais celui-ci comprenait des dispositions visant à maintenir l’«alignement» avec Washington, l’Oregon et la Californie.
Mais lundi, l’actuel premier ministre, David Eby, a annoncé que la Colombie-Britannique en avait assez d’attendre, tout en faisant allusion aux projets plus larges de la province visant à s’affranchir de son interdépendance avec les États-Unis dans le contexte de la guerre commerciale en cours.
«Nous allons également prendre dès maintenant des décisions dans lesquelles la Colombie-Britannique décidera de ce qui est le mieux pour nous», a-t-il dit.
Si le Québec décide de rester à l’heure normale (d’hiver), ce changement signifierait qu’au solstice d’été à Montréal, généralement vers le 21 juin, le soleil se lèverait à 4 heures du matin et se coucherait à 19h45.
Une petite région de l’est du Québec reste à l’heure normale de l’Atlantique toute l’année.
En octobre dernier, la députée d’Orléans, Marie-France Lalonde, a présenté un projet de loi d’initiative parlementaire qui demande au gouvernement fédéral de travailler avec les responsables provinciaux et territoriaux afin de formaliser un accord visant à mettre fin à l’heure d’été.
Le projet de loi C-248 n’a pas encore été examiné en deuxième lecture à la Chambre des communes.
Avec des informations de Lisa Steacy pour CTV News et de la Presse canadienne

