L’hiver s’est montré le bout du nez très tôt cette année avec des températures en deçà des moyennes de saison, ce qui a réjoui les stations de ski, qui ont pu devancer l’aménagement de leurs pistes.
«On a eu le plaisir d’avoir des températures plutôt froides à la fin novembre et début décembre, ce qui a favorisé l’enneigement mécanique», a expliqué Isabelle Vallée, porte-parole de la station de ski du Massif de Charlevoix.
«Et à travers ça, on a aussi de beaux épisodes de précipitations neigeuses qui ont fait en sorte que ce mélange de neige naturelle, de neiges fabriquées au sol donne des bancs skiables qui sont de grandes qualités», a ajouté Mme Vallée qui estime que ces conditions dureront jusqu’à la fin de la saison de ski.
«On attend des précipitations d’une vingtaine de centimètres en début de semaine prochaine, alors tout est bien au rendez-vous pour un bon début de saison.»
En date du 27 décembre, c’est «près du double des pistes» qui ont pu ouvrir au Massif par rapport à l’an dernier, ce qui représente un nombre de 28 pistes sur 53, a indiqué la porte-parole.
L’hiver rigoureux n’a pas refroidi les férus de ski et de planche à neige qui répondent présents depuis l’ouverture des pentes le 6 décembre. «L’engouement, on le sent bien», a lancé Mme Vallée.
«Le ski est tendance, les gens sont bien excités pour la saison», a pour sa part affirmé Simon Pagé, vice-président exécutif et directeur général adjoint du groupe Les Sommets, qui gère cinq stations de ski au Québec.
«Dans les dernières années, quand on lançait la saison, c’était principalement grâce à de la neige fabriquée, mais l’environnement aux alentours n’était pas aussi spécial. Il y avait moins de neige naturelle», a-t-il raconté.
Selon lui, les fortes accumulations de neige tombée en novembre et décembre ont permis de créer un décor «féérique», qui attire les amateurs de sports d’hiver.
Même son de cloche pour Maxim Cloutier, propriétaire du centre de ski de fond Gai-Luron. «Notre réseau de sentiers est en forêt, donc on ne peut pas fabriquer de la neige artificielle. On est vraiment à la merci des tempêtes de neige», a-t-il expliqué.
Pour que les pistes de ski de fond soient praticables, il faut une accumulation de minimum de 30 à 40 centimètres de neige, un défi qui a été relevé dès la première semaine de décembre, lorsque le centre a ouvert ses sentiers au public.
«C’est une année vraiment exceptionnelle, on a reçu de la neige toutes les semaines, a-t-il indiqué. Là, on est chanceux, il annonce encore de la neige demain, de dimanche à lundi, ça va encore améliorer les conditions.»
Le centre, situé à Saint-Jérôme, a seulement dû fermer durant deux jours en raison d’un redoux, du jamais vu depuis deux décennies, a souligné M. Cloutier.
«Ça doit faire 20 ans qu’on n’a pas connu un temps des Fêtes comme ça, avec de bonnes conditions sans perdre une des deux semaines de Noël en raison de la température», a déclaré celui qui possède avec son père le centre Gai-Luron depuis 50 ans.
En guise de comparaison, il a raconté que l’année dernière, après avoir ouvert durant trois week-ends de décembre, le centre a dû cesser ses activités jusqu’au 11 janvier, faute de neige.
À la fin du mois de novembre, MétéoMédia avait prévu un «hiver d’antan» pour la région du Québec, avec des températures en dessous des normales et des chutes de neige abondante.
Ce refroidissement prononcé est causé par une combinaison de deux phénomènes météorologique: la Niña, un courant océanique qui refroidit les eaux du Pacifique et un vortex polaire qui sera plus présent en Amérique du Nord.
- Avec les informations de Stéphane Blais pour La Presse canadienne
