Un propriétaire de Sherbrooke a eu droit à une «surprise» après avoir évincé deux locataires pour non-paiement de loyer. Une importante accumulation de déchets bloquait l’accès à la cuisine et au salon.
Sébastien Manseau, président de l’entreprise de gestion immobilière Services Gestimmo Estrie, ne s’attendait pas au «désastre» que les locataires ont laissé derrière lorsqu’il est entré dans l’appartement la semaine dernière.
«Ils étaient encore ici mercredi dernier. Je leur ai demandé de quitter, mais je n’étais pas entré dans l’appartement. C’est le lendemain que je suis entré, une fois qu’ils ont quitté, et que j’ai constaté l’ampleur du désastre qui était ici. Ma surprise a été quand je suis arrivé à la cuisine», a raconté M. Manseau à Noovo Info.

Sébastien Manseau a été accueilli par une montagne de déchets. Plusieurs produits d’emballage de nourritures déferlaient, cachant tout le plancher de la pièce.
«Tu ne sais pas ce qui se cache en dessous de ces tas-là, des seringues, toutes sortes de choses. Donc on prend des précautions. On nettoie ça avec des pelles, des gants, des habits. Il y a plusieurs jours d’ouvrage pour remettre ça en état», explique-t-il.

Le salon du logement était dans le même état. Une partie du mur de la chambre a été défoncé et la salle de bain a été laissée dans un sale état.
«C’est décourageant de voir ça. […] La partie la plus plate dans l’histoire, à part la perte monétaire, c’est vraiment de devoir demander à des employés d’aller nettoyer ça. Il n’y a personne qui veut aller jouer dans les affaires des autres comme ça», souligne Sébastien Manseau.

Il se demande comment les locataires ont réussi un tel carnage, alors qu’ils occupent l’appartement depuis moins d’un an.
Selon la Dre Natalia Koszegi, psychologue au Centre d’études cliniques sur le trouble obsessionnel compulsif (TOC) de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal (IUSMM), cette situation pourrait être liée à un trouble de santé mentale.
«J’ai une expertise dans le trouble d’accumulation compulsive, et ce trouble-là peut expliquer certains cas de personnes qui accumulent des objets. Il peut y avoir de la dépression, de la schizophrénie, des troubles de dépendance aux substances. Il peut y avoir l’autisme ou de la démence chez les personnes plus âgées», explique la Dre Koszegi.
Pour éviter qu’un autre propriétaire soit aux prises avec de tels dommages, Martin Messier, président de l’Association des propriétaires du Québec, rappelle que les propriétaires peuvent faire une demande au Tribunal administratif du logement (TAL), laissant une trace sur le dossier des problèmes causés par le locataire.
«C’est décevant parce que parfois les gens n’ont pas des dossiers super reluisants, mais on choisit de donner une chance. On se doit de faire preuve de jugement quand on loue. Rien ne laissait croire ça de la personne qui a signé le bail ici.»

