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Carney regrette la complicité canadienne à l’Holocauste en ayant gardé le silence

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Le premier ministre Mark Carney donne un discours à l'occasion de la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste, devant le Monument national de l'Holocauste, à Ottawa, le 27 janvier 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Justin Tang Le premier ministre Mark Carney donne un discours à l'occasion de la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste, devant le Monument national de l'Holocauste, à Ottawa, le 27 janvier 2026. LA PRESSE CANADIENNE (Justin Tang)

Le premier ministre Mark Carney affirme que la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste est l’occasion de se rappeler les conséquences de l’ignorance et de la haine.

S’exprimant mardi devant le Monument national de l’Holocauste à Ottawa pour marquer cette journée, M. Carney a déclaré que le Canada s’était rendu complice du meurtre de millions de Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale en ayant gardé le silence, et que l’histoire devait être rappelée pour garantir qu’elle ne se répète jamais.

«La libération d’Auschwitz-Birkenau a permis de montrer l’ampleur des crimes nazis à la face du monde et est devenue le symbole des horreurs de l’Holocauste, de la résilience de ses survivants et de la culpabilité de ceux qui en ont été complices», a affirmé le premier ministre.

Il a ajouté reconnaître que «détourner le regard n’est pas un acte passif, mais une trahison concrète».

La Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste a été créée par les Nations unies en 2005 afin de commémorer les millions de vies perdues sous le régime nazi.

Environ six millions de Juifs ont été exécutés par les nazis entre 1941 et 1945 dans le cadre d’un génocide orchestré par l’État.

L’antisémitisme était très répandu au Canada à l’époque, ce qui a contribué à l’adoption de politiques d’immigration qui ont empêché de nombreux réfugiés juifs de s’installer au pays alors qu’ils tentaient de fuir les nazis en Europe. Selon le Musée canadien pour les droits de la personne, le Canada est le pays allié qui a accueilli le moins de réfugiés juifs pendant la guerre.

Le gouvernement fédéral note qu’environ 40 000 survivants de l’Holocauste se sont installés au Canada après la fin de la Seconde Guerre mondiale.

M. Carney a affirmé que les Canadiens ont la responsabilité de réfléchir et d’agir en tirant les leçons de cette période et de soutenir les survivants et leurs familles qui continuent de vivre avec les conséquences de ce drame.

Les données de la police et des organisations juives montrent que les signalements d’actes antisémites ont considérablement augmenté ces dernières années, notamment les incidents violents, tels que les incendies criminels dans les écoles et les synagogues juives.

Au début de la semaine, B’nai Brith Canada a demandé à Ottawa de créer une commission sur l’antisémitisme, car, selon le groupe, de plus en plus de personnes blâment tous les Juifs pour les politiques de l’État d’Israël.

M. Carney a souligné le travail accompli au Parlement sur le projet de loi C-9, qui créerait une nouvelle infraction au Code criminel sur le fait d’intimider une personne pour qu’elle craigne de se rendre dans une institution religieuse ou culturelle. La loi créerait aussi une infraction pour le fait d’empêcher intentionnellement une personne d’accéder légalement à ces lieux.

«Nous savons que ces lois sont tragiquement nécessaires, mais elles sont loin d’être suffisantes», a déclaré M. Carney, ajoutant qu’il travaillait avec le chef conservateur Pierre Poilievre sur ce projet de loi.

«Les lois peuvent dissuader les actes de haine et les punir s’ils se produisent, mais elles ne peuvent empêcher la haine de prendre racine.»

S’exprimant devant le même monument, le chef conservateur Pierre Poilievre a affirmé que l’antisémitisme est en hausse au Canada et dans le monde entier, et qu’il se propage dans les établissements d’enseignement.

«Nous devons défendre le droit des Juifs à vivre en sécurité, en paix et ouvertement; avec une étoile de David sur la poitrine, une mézouza sur la porte, une kippa sur la tête, proclamant fièrement leur judaïsme et célébrant leur identité à la fois comme Canadiens et comme Juifs», a déclaré le chef conservateur.

«En faisant cela, et quand chaque Juif se sentira en sécurité et accepté dans ce pays, alors, et seulement alors, nous pourrons dire que nous faisons honneur à notre serment — plus jamais.»

— Avec des informations d’Anja Karadeglija

Nick Murray

Nick Murray

Journaliste