Des parents d’élèves d’une école secondaire de Rosemère, dans les Laurentides, sont inquiets après que la Commission scolaire Sir-Wilfrid-Laurier a envoyé un courriel contenant leurs informations personnelles.
Le courriel, intitulé «ÉCOLE SECONDAIRE ROSEMÈRE – Rentrée scolaire 2026-2027», a été envoyé aux parents à 15h27 et comprenait en pièce jointe un fichier Excel contenant des informations personnelles sur les parents.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
CTV News a pu consulter ce document, qui contenait les numéros d’assurance sociale, les dates de naissance et d’autres renseignements personnels de plus de 1000 parents.
Un deuxième courriel a été envoyé par la commission scolaire à 16h11, avec pour objet «COURRIEL URGENT À SUPPRIMER», demandant aux parents de ne pas ouvrir le premier courriel et de le supprimer immédiatement. Il indiquait également que des instructions supplémentaires suivraient.
Un troisième courriel a été envoyé à 19h23, demandant aux parents de remplir un formulaire attestant qu’ils avaient supprimé le courriel et qu’aucune copie n’avait été faite, utilisée ou partagée.
Le conseil scolaire a donné aux parents jusqu’à vendredi 16h pour remplir ce formulaire.
Le conseil scolaire mène présentement une enquête.
Dans une déclaration envoyée à CTV News, le conseil scolaire Sir Wilfrid Laurier affirme avoir signalé le tout à la Commission d’accès à l’information du Québec, chargé de la protection de la vie privée.
«Cet incident est traité avec le plus grand sérieux. Dès que la commission scolaire a été informée de la situation, un courriel et un texto ont été envoyés à toutes les familles concernées pour leur demander de supprimer le courriel envoyé par erreur», indique le communiqué, signé par le président James Di Sano.
«Bien que la diffusion ait été limitée aux parents des élèves, nous reconnaissons que toute divulgation non autorisée de données à caractère personnel est préoccupante.»
Le communiqué ajoute que le conseil scolaire mène actuellement une enquête sur les circonstances ayant conduit à cet incident et qu’il mettra en œuvre des mesures supplémentaires pour renforcer ses procédures et empêcher qu’un incident similaire ne se reproduise.
«J’ai déjà été victime d’une usurpation d’identité»
Un parent qui a contacté CTV News s’est dit inquiet des conséquences potentielles de cette fuite.
CTV News a accepté de ne pas révéler l’identité de ce parent pour des raisons de confidentialité.
«Je n’ai presque pas dormi cette nuit; j’ai déjà été victime d’une usurpation d’identité, et il m’a fallu cinq ans pour m’en remettre», a-t-il déclaré. «Ça me stresse énormément.»
Ce parent, qui a un enfant scolarisé dans cet établissement, a indiqué avoir contacté les autorités compétentes pour signaler que ses données personnelles avaient été divulguées à plus de 1000 personnes.
Il a également précisé qu’il n’avait pas signé le formulaire et qu’il consultait un avocat pour déterminer la marche à suivre. Il a ajouté craindre que la suppression du premier courriel ne compromette sa capacité à intenter une action en justice.
«L’avocat m’a dit qu’ils auraient dû se concentrer sur la limitation des dégâts, par exemple en proposant une surveillance du crédit ou quelque chose de ce genre», a-t-il mentionné.
«Ils nous acculent en quelque sorte, mais si quelque chose se produit à l’avenir, nous ne pourrons pas vraiment nous en servir sur le plan juridique, donc cela m’inquiète.»
Manque de conseils, selon les parents
Un autre parent, dont un enfant fréquente cette école secondaire, a mentionné à CTV News qu’il était déçu par le manque de conseils sur la manière dont les familles devaient se protéger à la suite de cette violation.
«Je suis inquiet parce que je ne sais pas quoi faire maintenant», a-t-il lancé. «On ne nous a pas vraiment expliqué ce que nous devions faire maintenant.»
Il a également indiqué être contrarié par le fait qu’il ait fallu environ 45 minutes au conseil scolaire pour envoyer un deuxième courriel alertant les parents.
«Quand j’ai reçu le courriel, j’ai pensé qu’il s’agissait peut-être d’une cyberattaque ou d’une simple erreur; nous sommes humains, les accidents arrivent», a-t-il raconté.
«Mais lorsque j’ai appelé le conseil scolaire quatre minutes après les faits, on m’a répondu qu’ils étaient au courant et qu’ils s’en occupaient, mais le deuxième courriel n’est arrivé que 45 minutes plus tard. J’ai trouvé que c’était un peu long.»
Il dit avoir déjà déposé une plainte auprès du médiateur du conseil scolaire et du commissaire à la protection de la vie privée de la province.
Un troisième parent, dont deux enfants fréquentent l’école, a également fait part de sa frustration face à cette faille de sécurité.
«Mon numéro d’assurance sociale et toutes mes coordonnées ont été divulgués; n’importe qui peut désormais s’en servir et usurper mon identité», a-t-il déploré.
«Je vais appeler ma banque aujourd’hui; je ne suis pas content de cette situation.»


