Société

Ayant un foie de 111 ans, elle marche pour sensibiliser la population au don d’organes

Devenir donneur d’organes reste rare.

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J Audrée Descheneaux a bénéficié d’une greffe du foie qui lui a sauvé la vie alors qu’elle n’était encore qu’une adolescente. (CTV News)

Dimanche, des gens ont participé au Défi chaîne de vie afin de sensibiliser la population au don d’organes en gravissant des montagnes partout au Québec.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

À Montréal, Audrée Descheneaux faisait partie des dizaines de personnes qui ont gravi le Mont-Royal. Il y a vingt-trois ans, alors qu’elle n’était encore qu’une adolescente, elle a bénéficié d’une greffe du foie qui lui a sauvé la vie.

«J’ai souffert d’une hépatite fulminante à l’âge de 19 ans alors que je voyageais en Ontario», se souvient-elle.

«J’étais à Toronto, et je me suis simplement évanouie; on m’a retrouvée et emmenée à l’hôpital. Je me suis réveillée une semaine plus tard après avoir subi une greffe du foie.»

—  Audrée Descheneaux

Malgré son jeune âge, son foie avait cessé de fonctionner. Elle explique que les médecins n’ont jamais déterminé la cause.

Elle a reçu le foie d’un homme qui avait 88 ans au moment de son décès, ce qui signifie que son foie a aujourd’hui 111 ans.

«On entend encore aujourd’hui, 23 ans plus tard, des idées reçues sur le don d’organes, comme “Je suis trop vieux pour faire un don”», dit-elle. «J’adore entendre ces commentaires qui me permettent de démystifier ces mythes. On n’est jamais trop vieux pour être donneur.»

Cette année, sa fille de 16 ans, Olivia Blyth, est porte-drapeau de l’événement de Montréal.

«Sans les dons, je ne serais pas ici, et je n’aurais pas tout ce que j’ai aujourd’hui, car cela a sauvé ma mère, et je veux dire, cela m’a sauvée moi aussi», explique Mme Blyth.

L’événement permet également de recueillir des fonds pour l’organisme Chaîne de vie, qui gère des programmes dans les écoles secondaires visant à sensibiliser les élèves au don d’organes.

La fondatrice, Lucie Dumont, explique que le programme ne cherche pas à convaincre les élèves de devenir donneurs d’organes, mais leur fournit plutôt des faits afin qu’ils puissent faire leur propre choix et en discuter avec leur famille.

Elle ajoute qu’il s’agit d’un sujet délicat dont il peut être difficile de parler à la maison.

«Cela soulève des questions éthiques, culturelles, religieuses, philosophiques et médicales , explique Mme Dumont.

«C’est très complexe; ce n’est pas simple.»

—  Lucie Dumont, fondatrice de Chaîne de vie

Devenir donneur d’organes reste rare. L’année dernière, 196 personnes ont fait don de leurs organes au Québec, sur plus de 80 000 décès.

«Les gens pensent que lorsqu’on meurt, on peut donner ses organes», indique Mme Dumont. «Non, il faut décéder dans une situation et selon des conditions très précises. Et comme le don d’organes est si rare, chaque consentement compte. C’est donc ce que nous voulions que les gens comprennent : à quel point il est rare de devenir donneur d’organes.»

Mme Descheneaux se dit éternellement reconnaissante envers son donneur d’organes pour cette seconde chance qu’il lui a offerte, ainsi qu’envers sa famille, qui a respecté ses souhaits.

«Je suis retournée à l’école d’infirmières. J’ai eu trois enfants et j’ai épousé l’amour de ma vie. Je profite vraiment pleinement de la vie, comme si rien ne s’était passé, mais avec une profonde gratitude pour la raison et la manière dont je suis encore ici aujourd’hui.»