Société

Autochtones et DPJ: des «enjeux graves» persistent, déplore le Protecteur du citoyen

Marc-André Dowd a présenté jeudi un deuxième rapport spécial sur la mise en œuvre des recommandations de la commission Viens.

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Le protecteur du citoyen, Marc-André Dowd, présente son rapport à l'Assemblée nationale le 30 mars 2023. LA PRESSE CANADIENNE/Jacques Boissinot Le protecteur du citoyen, Marc-André Dowd, présente son rapport à l'Assemblée nationale le 30 mars 2023. LA PRESSE CANADIENNE (Jacques Boissinot)

Bien que les rapports entre les Premières Nations, les Inuit et le réseau de la santé se soient améliorés depuis la commission Viens, certains «enjeux graves» persistent, déplore le Protecteur du citoyen.

Marc-André Dowd a présenté jeudi un deuxième rapport spécial sur la mise en œuvre des recommandations de la commission Viens qui ont été publiées en 2019.

Il dit constater une «amélioration des collaborations», notamment en ce qui concerne les services de protection de la jeunesse.

Par exemple, dans un nombre croissant d’établissements, des gestionnaires, des coordonnateurs ou des agents ont maintenant comme mandat précis de travailler étroitement avec les Premières Nations et les Inuit.

Des pratiques de co-intervention et d’implication systématique des communautés sont également plus souvent mises en place.

«Lorsque des relations de confiance ont été construites entre le réseau et les communautés, les services sont plus alignés sur l’intérêt des enfants», a souligné M. Dowd en conférence de presse à l’Assemblée nationale.

«Toutefois, ces relations reposent encore largement sur l’engagement de personnes clés, plutôt que sur des mécanismes durables. Or, le respect des lois, des guides (...) ne peut dépendre uniquement des individus», a-t-il averti.

Trop souvent, «si la personne quitte, ça tombe», a-t-il résumé.

Son rapport met en lumière la persistance d’«enjeux graves», des situations portant atteinte aux droits fondamentaux des enfants des Premières Nations et des Inuit.

Ceux-ci sont d’ailleurs toujours «surreprésentés» en protection de la jeunesse.

Par exemple, des jeunes ont été placés en centres de réadaptation et privés pendant de longues périodes d’un accès à l’enseignement en raison de barrières linguistiques.

Ou encore, des enfants n’ont pas reçu les services auxquels ils avaient droit à cause «d’enjeux d’arrimage de compétence» entre les gouvernements.

«La transformation des façons de faire du réseau de la santé et des services sociaux est loin d’être achevée», a soutenu le Protecteur.

Il déplore notamment «une méconnaissance, voire parfois un non-respect, des gouvernances et des expertises autochtones».

«Pour en sortir, la seule voie durable passe par la collaboration sincère et la coconstruction d’égal à égal au service du mieux-être des enfants et des familles», a-t-il affirmé.

M. Dowd a applaudi l’entrée en vigueur d’une loi fédérale qui permet aux nations d’élaborer leur propre loi visant la protection de leurs enfants.

«Le principe de base, c’est le respect de l’autodétermination», s’est-il félicité, soulignant que ce ne sont pas toutes les nations qui voudront s’affranchir complètement de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ).

«Il faut vraiment partir de comment la communauté veut développer ses propres services. (...) L’idée n’est pas de dire: “À terme, ce qu’on veut, c’est que toutes les communautés aient adopté leur loi”.

«Ce n’est pas à nous de décider ça. C’est à chaque communauté de décider ce qu’elles estiment être bon pour elles», a-t-il expliqué.

Caroline Plante

Caroline Plante

Journaliste