Conflit au Moyen-Orient

Aucune menace n'est imminente pour le Canada à cause de la situation en Iran

Au pays, l’Association canadienne des chefs de police affirme qu’il n’y a «aucune indication d’une menace imminente pour le Canada ou les Canadiens» d’après les renseignements actuels.

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Mark Carney Le premier ministre Mark Carney prend la parole lors du Forum sur la croissance et l'investissement Canada-Inde à Mumbai, le samedi 28 février 2026. (Adrian Wyld/La Presse canadienne)

Alors que le Canada continue de faire face aux répercussions du conflit en cours en Iran, un groupe de chefs de police affirme qu’il n’y a aucune menace imminente au Canada ni contre les Canadiens.

L’Association canadienne des chefs de police appelle les Canadiens à la vigilance, mais précise qu’aucun renseignement ne signale actuellement de problèmes, alors que les frappes aériennes en Iran sont à leur deuxième journée.

«L’expérience montre que les périodes de tension géopolitique peuvent parfois inciter les réseaux extrémistes, les individus motivés par la haine ou les acteurs liés à des menaces par procuration à exploiter ces situations pour inciter à la violence motivée par la haine, dit l’association. Bien qu’il n’y ait pas de menace spécifique à l’heure actuelle, la sensibilisation et le signalement précoce sont des éléments essentiels de la prévention.»

Samedi, les États-Unis et Israël ont lancé une importante attaque contre ce pays du Moyen-Orient, qui a coûté la vie au guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei.

Des Iraniens en liesse à Karaj après l'annonce de la mort de Khamenei Des images diffusées sur les réseaux sociaux et vérifiées par l'Agence France-Presse le 28 février montrent des scènes de célébrations à Karaj, en Iran, après des informations faisant état de la mort du guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, dans les frappes israélo-américaines sur le pays.

Cette déclaration des chefs de police survient alors que certains experts mettent en garde contre une possible répression transnationale, la République islamique pouvant chercher à riposter contre des personnalités de la diaspora iranienne.

Au nord de Toronto, une salle de boxe appartenant à un militant irano-canadien de premier plan a été la cible de tirs dans la nuit.

Salar Gholami, principal organisateur des manifestations importantes contre l’Iran qui ont rassemblé des centaines de milliers de personnes dans les rues de Toronto ces dernières semaines, a rapporté que 17 balles avaient été tirées sur sa salle de boxe à Thornhill, un lieu qu’il utilise comme quartier général pour organiser des marches de solidarité avec l’Iran.

«Les fenêtres sont brisées et les balles ont pénétré les murs, jusqu’au béton, a-t-il dit, dans des propos traduits par son porte-parole, Pouria Afkhami. Cela montre que même les Canadiens ne sont plus en sécurité ici.»

M. Gholami pense que sa salle de boxe a été visée en raison de son militantisme et il allègue que les tirs ont été perpétrés par des personnes liées à la République islamique. Il a également indiqué recevoir quotidiennement des menaces de mort.

La police locale a annoncé enquêter sur des coups de feu tirés dans un commerce du secteur, mais le mobile reste inconnu.

Sous Khamenei, l’Iran avait une longue tradition de représailles contre les pays occidentaux, notamment par des cyberattaques contre des infrastructures critiques, du harcèlement en ligne et des tentatives d’assassinat.

Thomas Juneau, professeur à l’École supérieure d’affaires publiques et internationales de l’Université d’Ottawa, a déclaré que le Canada devrait être «préoccupé» par la répression transnationale et le ciblage des dissidents irano-canadiens, ainsi que des militants des droits de la personne et de la démocratie.

«Pour survivre au pays, il faut contrer l’activisme anti-régime à l’étranger. Ils ne dissocieront pas ces deux aspects», a souligné M. Juneau.

Sajjan Gohel, directeur de la sécurité internationale à la Fondation Asie-Pacifique, a déclaré que l’Iran pourrait «utiliser ses contacts avec des groupes criminels organisés… pour cibler la diaspora iranienne, l’intimider et même tenter de la tuer».

Jusqu’à présent, l’Iran a riposté aux frappes aériennes américano-israéliennes par des tirs de missiles et des attaques de drones contre Israël et les pays arabes du Golfe voisins qui accueillent des forces américaines.

Des voyageurs bloqués 

Des centaines de milliers de voyageurs bloqués se sont retrouvés dans une situation difficile alors que le conflit s’étendait, paralysant une grande partie du Moyen-Orient pour le transport aérien.

Air Canada a annulé ses vols entre le Canada et Tel-Aviv jusqu’au 8 mars et suspendu ses vols vers Dubaï jusqu’à mardi. 

«Si vous vous trouvez dans l’une de ces régions, veuillez ne pas vous rendre à l’aéroport», prévient la compagnie aérienne.

L’aéroport Pearson de Toronto, le plus grand au pays, met en garde contre des retards et des annulations dus à la fermeture généralisée de l’espace aérien au Moyen-Orient et conseille aux passagers de vérifier le statut de leur vol avant de se rendre à l’aéroport. 

Le conflit a entraîné la fermeture des aéroports et de l’espace aérien international au-dessus d’Israël, du Qatar, de la Syrie, de l’Iran, de l’Irak, du Koweït, de Bahreïn, d’Oman et des Émirats arabes unis. 

Les responsables de l’aéroport international de Dubaï, le plus grand des Émirats arabes unis et l’un des plus fréquentés au monde, ont déclaré que quatre personnes avaient été blessées, tandis que l’aéroport international Zayed d’Abou Dhabi a indiqué qu’une personne avait été tuée et sept autres blessées lors d’une attaque de drone. Des frappes ont également été signalées à l’aéroport international du Koweït.

Plus de 1800 vols ont été annulés dimanche, notamment en Arabie saoudite, en Jordanie, en Turquie et en Égypte, et les annulations de vols devraient se poursuivre dans les prochains jours.

Le Canada recommande à ses ressortissants d’éviter tout voyage dans une grande partie du Moyen-Orient depuis le début du conflit, notamment au Liban, en Israël et en Palestine, en Irak, au Qatar, à Bahreïn, aux Émirats arabes unis, au Koweït, en Iran, en Syrie et au Yémen.

Les Canadiens sont invités à éviter tout voyage non essentiel à Oman, en Arabie saoudite et en Jordanie. 

— Avec des informations de l’Associated Press