Société

Après avoir «créé une famille» au Québec, il sera bientôt forcé de quitter le pays

«Je pourrais écrire un livre sur mon amour pour le Québec.»

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Après 3 ans au Québec, il sera bientôt forcé de quitter le pays Par Véronique Dubé |Les changements au programme d'immigration de la CAQ continuent de susciter la colère chez ceux qui veulent s'établir au Québec.

Les changements au programme d’immigration imposés par la CAQ continuent de susciter la colère chez ceux qui veulent s’établir au Québec. C’est le cas de Ben Mahi, un homme de 36 ans originaire d’Algérie, qui a dépensé des milliers de dollars pour s’installer ici et qui est sur le point d’être expulsé.

L’ironie du sort, c’est que Montréal l’avait choisi comme l’un des ambassadeurs de son 375e anniversaire en 2016. Il a quitté l’Algérie pour venir s’installer dans la métropole, là où il rêvait de vivre depuis ses 9 ans.

«J’y ai vécu un an, c’était une incroyable année sincèrement», se souvient-il.

En 2022, il a fait son retour au Québec pour travailler comme technicien en laboratoire. Il a toujours travaillé avec des permis fermés. Et son dernier prendra fin dans un an.

«J’ai créé une famille la première fois que je suis venu en tant qu’ambassadeur de Montréal, puis je me suis dit que ma vie est ici», dit-il.

«Je pourrais écrire un livre sur mon amour pour le Québec.»

—  Ben Mahi

Maintenant, il en veut au gouvernement du Québec d’avoir attiré autant de travailleurs, qui se sont impliqués depuis des années, pour finalement se faire montrer la porte.

«Je trouve que c’est horrible. C’est vraiment inhumain et on ne nous écoute pas», a-t-il lancé, les larmes aux yeux. «Il y a peut-être des gens qui vont dire “il pleure pour pleurer”, mais je n’en dors plus.»

Vendredi dernier, le gouvernement a invité plus de 1800 candidats à postuler pour le nouveau programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ). Ceux qui parlent bien français, qui veulent travailler en région et qui œuvrent dans des domaines où il y a des pénuries d’emplois, particulièrement en éducation, seront placés en priorité.

«Avec le nouveau programme PSTQ, je n’ai aucune chance, aucune chance d’être sélectionné. Les critères sont flous», déplore Ben Mahi.

Il dit avoir perdu espoir de se faire appeler et envisage davantage de quitter pour l’Ontario.

«Je ne veux peut-être pas qu’il rouvre le programme de l’expérience québécoise, mais je veux qu’il applique cette clause du grand-père parce qu’on le mérite», lâche-t-il.

Une quatrième manifestation pour dénoncer la situation est prévue vendredi devant l’Assemblée nationale.

Noovo Info a contacté le cabinet du ministre de l’Immigration, Jean-François Roberge. Et pour M. Roberge, il n’est pas question de retourner en arrière.

Voyez le reportage de Véronique Dubé dans la vidéo.