Société

Après 109 ans d’activité, une quincaillerie de Montréal ferme ses portes

Elle a ouvert ses portes en 1917.

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Jean-Hebert Hardware Geraldo Marasco ferme la quincaillerie Jean-Hebert, affirmant que les problèmes de personnel sont devenus impossibles à gérer. (CTV News)

Lorsque Geraldo Marasco a mis les pieds pour la première fois à la quincaillerie Jean Hébert en 1983, cela ne devait être qu’un simple job d’été.

Ce texte est une traduction d’un contenu de CTV News.

«C’est mon père qui ne voulait pas que je reste à la maison pendant l’été. Il a donc demandé un poste au propriétaire. Et j’ai fini par en obtenir un», raconte M. Marasco.

M. Marasco y est resté pendant 43 ans et a même racheté l’entreprise il y a 25 ans à la famille du fondateur, Jean Hébert.

La quincaillerie a ouvert ses portes en 1917, à une époque où Mont-Royal était un quartier bien différent, dominé par la bourgeoisie canadienne-française.

Avec le temps, il est redevenu un quartier ouvrier, avant de renaître grâce à la gentrification.

«C’était vraiment passionnant avec les gens, les clients. C’était un plaisir d’aider nos clients dans leurs projets et tout ça. J’adorais ça.»

—  Geraldo Marasco

Mais à 63 ans, M. Marasco en a assez, il ferme donc boutique. Bien que les affaires restent bonnes, il a expliqué que les choses avaient changé après la COVID-19 et que trouver du personnel fiable était devenu une tâche insurmontable.

«Je pense que le personnel, d’après ce que j’ai vu depuis la pandémie, a dû changer quelque chose, car ils ne veulent plus travailler. Ils ne veulent pas faire d’heures supplémentaires. Ils ne veulent pas travailler le week-end. Ils ne travaillent pas la nuit. S’ils veulent travailler, c’est pour un gros salaire, mais en faisant le moins de travail possible», a indique Marasco.

Il ne lui reste plus qu’un seul employé et beaucoup trop de travail pour son âge.

«Aujourd’hui, c’est 50 heures par semaine, debout sans m’asseoir, sept jours sur sept. Certains jours, je ferme parce que je n’en peux plus», a-t-il expliqué.

Et ce n’est pas comme si l’homme n’avait pas essayé de vendre son entreprise.

«Dès qu’il s’agit de financement, les banques sont réticentes à prêter de l’argent. La plupart d’entre elles voulaient que je finance une partie de l’opération, ce qui ne m’intéressait pas. Et certaines ont estimé que c’était trop de travail.»

Pour lui, il semble que l’éthique de travail de la nouvelle génération ne soit tout simplement pas à la hauteur de ce que sa petite entreprise a bâti en un siècle — et c’est quelque chose qu’il ne peut pas régler tout seul.