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Airbnb souhaite que le règlement sur la location à court terme soit modifié pour le Grand Prix

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Dans un peu plus de deux mois, des milliers de passionnés de course automobile afflueront à Montréal pour le week-end du Grand Prix de Formule 1 du Canada, et trouver un endroit où dormir après les épreuves ne sera pas chose facile.

Le règlement municipal actuel de la Ville de Montréal autorise les locations à court terme dans les quartiers résidentiels que du 10 juin au 10 septembre, ce qui exclut plus de 26 000 logements pour le week-end du 22 au 24 mai, selon une analyse de Raymond Chabot Grant Thornton commandée par Airbnb.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

Airbnb affirme que cela entraînera une hausse des tarifs hôteliers de plus de 160% et fera perdre à la ville 19 millions de dollars de recettes touristiques.

«Ce rapport nous confirme en partie ce que nous savions déjà : Montréal possède un secteur touristique très dynamique tout au long de l’année, qui dépend fortement des événements», a expliqué Alex Howell, responsable des politiques chez Airbnb Canada.

«Les gens vont avoir du mal à trouver un hébergement pendant ces grands événements touristiques. C’est un très gros problème pour Montréal. C’est une ville très dynamique. Elle jouit d’une immense réputation internationale et accueille sans cesse de grands événements comme celui-ci ; quand on commence à ne plus pouvoir héberger le nombre de personnes qui affluent dans la ville, cela menace vraiment la réputation de la ville à l’échelle mondiale.»

En mars dernier, l’administration de l’ancienne mairesse Valérie Plante a adopté un règlement limitant la durée des locations à court terme afin de lutter contre ce que la ville qualifiait de «fléau» des annonces illégales sur Airbnb. La pression pour modifier la législation s’est intensifiée après l’incendie dévastateur de mars 2023 dans le Vieux-Montréal, qui a coûté la vie à sept personnes, dont six séjournaient dans des logements Airbnb.

La course de F1 n’est pas le seul événement qui se déroulera en dehors des périodes autorisées pour les locations à court terme. Les Championnats du monde de cyclisme de l’UCI auront lieu à Montréal du 20 au 27 septembre.

La nouvelle mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, a été interpellée lundi par des citoyens lors d’une séance du conseil municipal, qui lui ont demandé de reconsidérer cette règle.

«En pleine crise du logement, nous avons besoin d’une approche responsable qui préserve notre offre de logements tout en offrant une certaine flexibilité aux citoyens», a fait savoir l’attachée de presse de la mairesse, Joanna Kanga. «Nous avons fait des promesses aux Montréalais, et nous avons l’intention de les tenir.»

Le rapport du RCGT a révélé que la nouvelle réglementation de Montréal n’avait pas amélioré les taux d’inoccupation ni les prix des loyers à long terme.

«Sans mises à jour ciblées et fondées sur des données probantes, Montréal risque de conserver un système qui limite l’offre de logements précisément au moment où la ville a le plus à y gagner», indique un communiqué de presse accompagnant le rapport.

Airbnb estime que le règlement municipal manque de vision à long terme.

«Il ne s’agit pas seulement d’événements comme ces deux-là», a précisé Alex Howell. «Il s’agit des événements qui pourraient décider de s’y installer à l’avenir, et si ces organisateurs constatent que les gens ont vraiment du mal à trouver un endroit où loger, ils pourraient décider de s’installer ailleurs, ce qui serait vraiment néfaste pour la ville.»

Mme Howell a indiqué que les hôtes Airbnb du Québec respectaient largement les règles du gouvernement québécois et que l’entreprise cherchait à obtenir un assouplissement des restrictions concernant uniquement les résidences principales.

«Ce qui importe, c’est de supprimer cette interdiction saisonnière qui, à l’heure actuelle, empêche les hôtes de résidences principales à Montréal – c’est-à-dire les personnes qui vivent à plein temps dans cette résidence – de partager leur logement quand ils le souhaitent», a-t-elle dit.

«Cela répond à la fois aux besoins des Montréalais, qui ont besoin d’aide pour joindre les deux bouts, et à ceux de l’industrie touristique, afin qu’il y ait suffisamment de logements tout au long de l’année et le bon type de logement au bon endroit.»

De plus, Airbnb suggère de passer à un système de permis plus simple, entièrement en ligne, plutôt qu’à la procédure obligatoire en personne.

Elle a ajouté que les annonces Airbnb dans les villes sont réparties sur l’ensemble du territoire et ne sont pas concentrées dans un seul lieu très touristique, ce qui élargit l’impact.

«Ainsi, si quelqu’un vient en ville pour une réunion d’affaires, ou simplement pour découvrir un autre quartier, ou peut-être parce qu’il a de la famille dans ce quartier qu’il souhaite rendre visite, il peut en fait séjourner dans des quartiers situés en dehors du centre-ville», a soutenu Alex Howell.

«Cela signifie qu’il fait ses achats dans ces quartiers. Il va au restaurant dans ces quartiers. Cela permet de répartir les revenus du tourisme de manière beaucoup plus équitable à travers la ville.»