La marque de souliers Converse a retiré une publicité publiée sur les médias sociaux qui avait suscité l’indignation des détracteurs, qui y voyaient une référence au Ku Klux Klan et au lynchage.
La photo de la publicité sur Instagram montrait la chanteuse de K-pop Karina portant une jupe et tenant une paire de souliers Chuck 70 X. Les critiques se sont déchaînés en ligne, affirmant qu’une image triangulaire blanche créée par l’éclairage sur la jupe ressemblait à une cagoule du KKK et que la façon dont elle tenait les souliers donnait l’impression que c’étaient les pieds pendants d’une victime de lynchage.
Converse, qui appartient à Nike, a publié un communiqué pour s’excuser et annoncer qu’elle avait retiré la publicité.
«On est désolés», indiquait le communiqué, publié pour la première fois vendredi.
«On comprend pourquoi cette image est profondément choquante et on reconnaît qu’on s’est trompé. On l’a retirée de nos canaux et on s’efforce de la supprimer partout où elle est apparue. Ça n’aurait pas dû arriver et on fera mieux à l’avenir.»
— Converse
Converse, dont le siège est à Boston, a refusé dimanche de répondre aux questions visant à obtenir plus d’informations, notamment sur la façon dont l’entreprise vérifie les publicités avant leur publication et sur la manière dont celle-ci a été approuvée.
Karina et sa société de gestion, SM Entertainment Group, n’ont pas immédiatement répondu aux messages envoyés via leurs comptes Instagram.
Au fil des ans, des détaillants et de grandes marques de mode ont présenté une série d’excuses pour des produits critiqués comme étant racistes.
Le mois dernier, le détaillant Target a retiré un costume d’Halloween pour enfants de ses rayons après une vague de réactions négatives sur les médias sociaux, s’excusant d’avoir vendu un vêtement qui, selon les critiques, évoquait des caricatures racistes de minstrels.
La photo de Converse a suscité des critiques immédiates, notamment des appels au renvoi du personnel impliqué dans la publicité et au boycott de l’entreprise. Dans une avalanche de commentaires sur les médias sociaux, les internautes se sont demandé comment cette publicité avait pu passer le processus de vérification publicitaire de l’entreprise. D’autres commentateurs ont défendu Converse, affirmant qu’ils ne croyaient pas que ce soit intentionnel.
Lee Merritt, un avocat spécialisé dans les droits civiques basé au Texas, a publié sur Instagram que les excuses de Converse «ne réparent pas ce qui a échappé aux services juridiques, au marketing et à la direction à chaque étape».
«On n’arrête pas d’avoir cette conversation parce que les entreprises échouent sans cesse au même test», a-t-il écrit.
«Faire mieux, ça veut dire repérer ce genre de problème avant sa diffusion — pas après qu’on se soit sentis offensés.»
— Lee Merritt, avocat spécialisé dans les droits civiques
Converse, fondée à Malden, au Massachusetts, en 1908, fabrique l’emblématique souliers de sport Chuck Taylor All Star. Ce modèle a été lancé pour la première fois en 1917 comme souliers de basket antidérapants, puis la signature de Taylor — un joueur de basket qui en faisait la promotion — y a été ajoutée en 1934, selon le site Web de l’entreprise.
