Société

À quoi ça sert, un diplôme universitaire en 2026?

À l’avènement de l’intelligence artificielle, le milieu universitaire cherche à garder la valeur de ses diplômes.

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conférence université Une centaine d'étudiants et professeurs sont venus au colloque sur la valeur du diplôme universitaire. (Axel Dansereau Macias/Noovo Info)

Les collations des grades approchent pour plusieurs universitaires qui vont peut-être remettre en question leur parcours une fois devant le marché du travail. L’Université de Montréal s’est donc penchée mardi sur la question de l’utilité d’études supérieures en 2026.

«Le propos d’aujourd’hui c’est: qu’est-ce que l’on doit faire différemment pour maintenir la valeur du diplôme?», indique Simon Grenier qui ouvre le colloque sur la question.

Le professeur agrégé de psychologie rappelle que «selon un sondage Léger [de 2025], ce sont 40% des 18-24 ans qui pensent que ce n’est pas nécessaire de faire des études postsecondaires».

Selon lui, l’université doit retourner à ses valeurs de justice sociale et avoir une retombée positive dans la société. «Les étudiants en histoire pourraient aller donner des conférences dans des écoles secondaires», illustre-t-il.

L’idée est de s’éloigner de l’image de l’élite académique souvent associée à l’université, quitte à changer les méthodes d’évaluation, indique le professeur. «Les jeunes font face à plusieurs crises, climatique, sociale, économique. Il est normal qu’ils remettent en question l’utilité d’un baccalauréat», estime-t-il.

«Il faut enlever l’idée qu’il faut performer académiquement au détriment du reste de sa vie pour réussir. »

L’IA, une arme à double tranchant

Parmi les points de discussion, l’intelligence artificielle revient à maintes reprises. «Quand plein de connaissances sont au bout des doigts, on peut se demander la valeur d’un diplôme», affirme le conférencier.

Des étudiants de différents cycles sont aussi invités durant le colloque pour parler de la valeur des études supérieures en 2026.

«C’est sûr que dans un monde où l’IA domine, ça devient compliqué de savoir quel élève comprend vraiment la matière», souligne Baptiste Vallon, fraichement sorti du cégep.

Le jeune étudiant en politique internationale utilise lui-même cet outil. Il va toutefois jusqu’à dire que les travaux devraient se faire en classe pour en limiter l’utilisation.

Malgré la montée de cet outil utilisé par plusieurs, Baptiste Vallon ne pense pas que la valeur de son diplôme en soit diminuée: «ça reste une matérialisation concrète du savoir».

De son côté, Alexandre Petitclerc, doctorant en philosophie, a douté comme plusieurs de son parcours. Il ne regrette toutefois pas sa décision de faire des études supérieures. «L’université, ça reste un endroit pour créer des liens d’amitié et professionnels», dit-il.

Le doctorant ajoute que cet environnement devrait être plus accessible à tous. «L’université ne devrait pas seulement être pensée comme une machine à créer des gens pour le marché du travail», évoque-t-il.