Société

À 89 ans, ce tailleur n’a pas l’intention de prendre sa retraite

«C’est ma vie.»

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89 yr old tailor Arnaldo Vincenzi Le tailleur Arnaldo Vicenzi âgé de 89 ans. (CTV News)

Chaque matin, cinq jours par semaine, les clients viennent voir Arnaldo Vincenzi, le tailleur d’Hudson, pour que leurs vêtements leur aillent à la perfection.

Ce texte est une traduction d’un contenu de CTV News.

Brenda Brooks, une résidente d’Hudson, plaisante en disant qu’elle est sa meilleure cliente.

«Je suis un peu une fanatique de mode, comme tous mes amis le savent, et rien ne me va quand je l’achète prêt-à-porter», a-t-elle dit. «C’est donc lui qui s’occupe de toutes les retouches.»

M. Vincenzi est réputé pour son travail soigné et son service rapide, ce qui est d’autant plus remarquable qu’il a 89 ans.

«Il est excellent, on ne pourrait pas rêver mieux», a soutenu Mme Brooks.

«Tout le monde s’attend à ce qu’il prenne sa retraite, mais il ne le fait jamais, ce qui est formidable.»

—  Brenda Brooks, cliente

Vincenzi a appris le métier dès son plus jeune âge dans l’Italie d’après-guerre. Il a dû apprendre un métier très jeune pour subvenir aux besoins de sa famille et a décidé de se lancer dans la couture.

Arnaldo with frequent customer Brenda Brooks Arnaldo en compagnie de Brenda Brooks, une cliente fidèle. (CTV News)

Après avoir obtenu son diplôme, les opportunités étaient rares en Italie, il a donc décidé d’immigrer au Canada. Sa sœur s’y trouvait déjà et elle lui a donné le coup de pouce dont il avait besoin.

«Je suis arrivé au Canada avec 10 dollars que ma sœur m’avait donnés», a-t-il expliqué.

«Ce sont mes amis»

À l’époque, Arnaldo Vincenzi ne parlait ni anglais ni français, mais Montréal avait besoin de tailleurs qualifiés ; c’est ainsi qu’il y a décroché son premier emploi.

Au début des années 1960, il a confectionné une robe sur mesure pour une cliente à Hudson et la nouvelle s’est rapidement répandue. On l’a encouragé à s’installer à Hudson et, avec l’aide de quelques résidents, il a rapidement pu louer un atelier, puis acheter sa maison sur la rue Cameron, où il a élevé sa famille et ouvert une boutique permanente. Aujourd’hui veuf, M. Vincenzi vit toujours là-bas et affirme qu’il n’a pas l’intention de déménager dans un condo. Il n’a pas non plus l’intention de prendre sa retraite, même si ses enfants l’ont déjà fait. Lorsqu’on lui demande pourquoi, il répond: «C’est ma vie.»

C’est le même sentiment qu’il éprouve envers ses clients : « Ce ne sont pas seulement mes clients, ce sont mes amis. »

M. Vincenzi affirme qu’il est encore capable d’effectuer le travail minutieux requis, notamment d’enfiler des aiguilles et de faire fonctionner sa machine à coudre vintage.

«J’ai de la chance, car mon travail n’est pas très exigeant physiquement», a-t-il dit. «Mes yeux, oui. Mes doigts, oui.»

M. Vincenzi a indiqué qu’il était trop âgé pour voyager et qu’il adorait ce qu’il faisait ; son intention est donc de continuer.

«Je vais essayer de rester ouvert jusqu’à 95 ans peut-être.»

—  Arnaldo Vicenzi

Il exerce son art au sein d’une communauté qui semble avoir été faite sur mesure pour lui.