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7 femmes sur 10 affectées par les symptômes de la ménopause au travail

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7 femmes sur 10 affectées par les symptômes de la ménopause au travail Par Lili Mercure | Bouffées de chaleur, sueurs nocturnes, perturbation de l'humeur… Près de sept femmes sur dix affirment que les symptômes de la ménopause affectent leur productivité au travail. C'est du moins ce que révèle une étude américaine de la firme Live Career.

Bouffées de chaleur, sueurs nocturnes, perturbation de l’humeur… Près de sept femmes sur dix affirment que les symptômes de la ménopause affectent leur productivité au travail. C’est du moins ce que révèle une étude américaine de la firme Live Career.

La députée libérale Jennifer Maccarone a récemment tenté de briser le tabou lorsqu’elle a parlé de ses chaleurs de ménopause en pleine commission parlementaire.

«Cela arrive à toutes les femmes, alors voilà, je suis ménopausée et j’ai chaud. Je n’en ai pas honte», avait-elle déclaré.

En entrevue avec Noovo Info, la députée de Westmount–Saint-Louis a expliqué qu’il s’agissait d’une réaction spontanée en raison d’une bouffée de chaleur.

«Les femmes qui ont eu des bouffées de chaleur, elles savent quand ça arrive. Ça occupe toutes tes pensées. J’ai parlé à la caméra pour tous les gens qui suivent nos travaux pour dire “C’est ça que je suis en train de vivre et c’est bien correct”. Je ne suis pas gênée de ça», dit-elle.

Mais ce qui est frappant dans la récente étude de Live Career, c’est qu’il y a 97 % des femmes qui se sentent contraintes de cacher leurs symptômes de ménopause au travail.

Et selon Mme Maccarone, les femmes ne se cacheraient pas si elles avaient la parité et l’équité au travail.

«Je pense que c’est une raison pour laquelle on se cache parce qu’on veut faire la démonstration qu’on est à la hauteur des attentes et on est capable de rejoindre ces attentes», explique-t-elle.

Notons qu’Ottawa avait légiféré il y a plus de deux ans pour que des produits menstruels soient fournis dans les milieux de travail sous réglementation fédérale, permettant d’ouvrir la porte à la conversation pour ce qui est de la ménopause.

Pour Annie Boilard, présidente du Réseau Annie RH, il ne faut pas nécessairement une politique pour trouver des accommodements aux femmes ménopausées, mais plutôt des discussions et des prises de conscience quant à leurs besoins.

«Pensons par exemple à des gens qui sont dans le service, à la clientèle ou encore serveur dans un restaurant, une compagnie. Ça peut avoir des incidences effectivement sur la disponibilité, le confort, la capacité, toute la notion de concentration», dit-elle.

La Dre Diane Francoeur, directrice générale de la Société des obstétriciens gynécologues du Canada, croit que le Canada pourrait s’inspirer de l’Angleterre qui a assoupli les règles de travail avec des heures plus flexibles pour accommoder davantage les femmes en ménopause.

«Donc si tu ne dors pas du tout, mettons que tu t’endors à 4 h du matin, tu peux rentrer un petit peu plus tard au bureau, finir ta journée plus tard ou faire du télétravail. Ça va te permettre de te rattraper», explique-t-elle.

Rappelons que plus de 90 % des femmes commencent à ressentir les symptômes avant l’âge de 50 ans. Et ça correspond généralement au moment où certaines d’entre elles accèdent à des positions de direction.

Voyez le reportage de Lili Mercure dans la vidéo.