Science et nature

Voici une première image de l’étoile compagne de Bételgeuse

«C’est l’aboutissement d’une quête longue d’un siècle.»

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Bételgeuse et son compagnon stellaire (Crédit : Observatoire international Gemini/NOIRLab/NSF/AURA) Bételgeuse et son compagnon stellaire (Crédit : Observatoire international Gemini/NOIRLab/NSF/AURA)

Une équipe internationale dirigée par un astronome de l’Observatoire de Paris a dévoilé mardi la première preuve visuelle que Bételgeuse, l’une des étoiles les plus brillantes de la galaxie, n’est pas solitaire mais bien accompagnée d’une étoile.

«C’est l’aboutissement d’une quête longue d’un siècle», souligne Miguel Montargès, astronome adjoint à l’Observatoire de Paris-PSL et premier auteur de l’étude, publiée dans la revue Astronomy & Astrophysics.

«Nous avons démontré que Bételgeuse n’est pas seule, elle est accompagnée d’une compagne très discrète», ajoute-t-il.

Depuis deux ans et deux précédentes études, il apparaissait assez clairement que la présence d’un tel compagnon était l’explication la plus plausible aux variations de luminosité constatées sur Bételgeuse, une supergéante rouge.

Alors que la masse de Bételgeuse est 1000 fois plus grosse que notre soleil, son étoile compagnon — Bételgeuse B — possède une masse estimée à seulement une fois et demie celle de notre astre, selon différentes études.

L’image dévoilée mardi a été obtenue grâce à SPHÈRE, l’instrument d’imagerie à très haut contraste installé sur le télescope VLT (Very Large Telescope) de l’Observatoire européen austral (ESO), au Chili.

«Honnêtement, je pensais que nous n’avions pas la sensibilité nécessaire pour détecter Bételgeuse B telle qu’elle avait été prédite», confie Miguel Montargès dans un communiqué de l’ESO. «C’est justement parce qu’elle est plus massive que prévu que nous la voyons !».

Détecter directement la lumière de cette étoile, noyée dans l’éclat de la supergéante, a nécessité plusieurs mois de traitement et d’analyse des données, puisque Bételgeuse est des dizaines de milliers de fois plus lumineuse que son étoile compagnon.

«Il est remarquable de constater à quel point SPHÈRE et les techniques avancées de post-traitement initialement développées pour détecter des exoplanètes, excellent également dans la détection d’un compagnon autour d’une étoile massive et évoluée comme Bételgeuse», souligne Anthony Boccaletti, directeur de recherche CNRS et coauteur de l’étude, dans un communiqué de l’Observatoire de Paris.

Bételgeuse, visible à l’œil nu dans la constellation d’Orion, est coutumière des variations de luminosité pour ceux qui l’observent.

Elle avait pâli spectaculairement cinq mois durant entre 2019 et 2020, laissant présager une fin prochaine. Avant que des observations concluent à la combinaison d’un nuage de matière éjecté par l’étoile et d’un refroidissement de sa surface pour expliquer le phénomène.