Le gouvernement du Québec investit dans une nouvelle chaire de recherche dirigée par l’INRS et consacrée au traitement in situ des sols et des eaux souterraines contaminés par des polluants persistants et émergents.
Les municipalités, les organismes publics et les promoteurs doivent souvent composer avec des sols contaminés, en raison, par exemple, des anciennes activités industrielles.
«Pendant longtemps, la pratique était de mettre ces sols dans des camions, et ensuite de les envoyer dans des lieux d’enfouissement technique ou des endroits de traitement à l’extérieur», a expliqué le professeur à l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), Richard Martel, qui dirigera la nouvelle chaire de recherche.
Mais les technologies de traitement in situ, que compte développer la nouvelle chaire de recherche, permettront d’intervenir directement sur place, en offrant «une solution plus écologique, économique et adaptée aux réalités du territoire».
Le traitement in situ, «diminue énormément les émissions de gaz à effet de serre. Ça permet aussi de revaloriser les sols et les réutiliser par la suite», a indiqué le professeur Martel.
Le traitement des sols contaminés in situ comporte aussi l’avantage de permettre aux «activités industrielles» de continuer, «même pendant des travaux de réhabilitation des sols», a ajouté le professeur à l’INRS.
La nouvelle chaire va bénéficier d’un financement de 3,5 millions $ sur cinq ans, provenant du ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP) et du Groupe ABS-TechnoRem.
«On assainit déjà les sites les plus simples à traiter, mais les contaminants persistants, enfouis en profondeur ou situés sous des infrastructures, demeurent particulièrement difficiles à éliminer», a précisé Richard Martel, spécialiste en hydrologie.
Les recherches de la chaire se concentreront donc sur des substances particulièrement préoccupantes, comme les polyfluoroalkylées (PFAS), les biphényles polychlorés (BPC), les hydrocarbures pétroliers, les dioxines, les furannes, les perchlorates, les retardateurs de flammes bromés, les plastifiants ainsi que certains produits pharmaceutiques.
Ces contaminants se retrouvent régulièrement dans l’environnement après des déversements accidentels ou d’anciennes pratiques industrielles.

