Science et nature

Un «brin de folie» à l’origine d’une des rares fermes de bisons du Québec

«Je me suis dit: un jour j’allais avoir mon élevage de bisons et quand j’ai une idée, je le fais.»

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Un «brin de folie» à l’origine d’une des rares fermes de bisons du Québec Les bisons d’une ferme d’élevage de Saint-Herménégilde font partie d’un des seuls troupeaux de bisons de la province. Pourtant, la demande pour cette viande marginale est bien présente.

Imposants, majestueux et sauvages, les bisons d’une ferme d’élevage de Saint-Herménégilde ne bronchent pas face au vent de décembre. Ils font partie d’un des seuls troupeaux de bisons de la province.

Et pourtant, la demande pour cette viande marginale est bien présente.

Rustik Bison est l’une des rares fermes à élever ces animaux qui peuvent peser plus d’une tonne. Le bison est considéré comme du bétail alternatif. Moins de mille fermes s’y attardent au Canada, dont seulement quelques dizaines au Québec.

À l’origine de ce projet, on retrouve Anouk Caron. Diplômée d’un baccalauréat en agronomie, elle a visité une ferme de bison durant un stage.

«J’ai eu un coup de foudre pour l’animal. C’est un animal qui est vraiment rustique, qui est vraiment majestueux», raconte-t-elle.

Née d’un «brin de folie», l’idée d’ouvrir sa propre ferme a pris forme dans son esprit, il y a maintenant 10 ans.

«Je me suis dit: un jour j’allais avoir mon élevage de bisons et quand j’ai une idée, je le fais», poursuit la propriétaire. Rustik Bison a été officiellement lancé en 2023.

Une bête en enclos, mais toujours sauvage

Noovo Info est allé à la rencontre des bisons. Curieuses, tout en gardant leur distance des caméras, les bêtes titanesques, recouvertes d’une épaisse fourrure, sont clairement adaptées à l’environnement hivernal. Immédiatement, on voit une différence avec son cousin éloigné le bœuf.

«C’est un animal qui est beaucoup plus sauvage que le bœuf. C’est un animal qui est plus difficile à manipuler», explique Mme Caron.

Étant plus sauvage, le bison préfère rester à l’extérieur toute l’année, alors que le bœuf termine généralement sa finition à l’intérieur. La propriétaire préfère d’ailleurs rentrer dans l’enclos à bord de son véhicule tout terrain, juste au cas où un bison serait de mauvaise humeur cette journée-là.

Une approche minimaliste et environnementale

Leur comportement plus sauvage apporte toutefois la possibilité d’utiliser une approche différente à l’élevage. À la ferme Rustik Bison, on ne retrouve aucun bâtiment à l’exception de la boutique. Il y a également très peu de machinerie.

Les bêtes se nourrissent à l’herbe à l’année et sont en constante rotation entre les différents enclos.

«On est en pâturage intensif, explique le copropriétaire de la ferme, Patrick Strickler. On a divisé notre grand parc en sept. On les transfère pour faire une belle coupe, une belle tonte et avoir une belle repousse».

Les transferts permettent également d’étendre le fumier naturellement sans utiliser de tracteur. Les propriétaires croient qu’une telle approche minimaliste peut faire une différence dans l’empreinte écologique de la ferme au long terme.

«À ma connaissance, il n’y pas d’autres fermes de bison qui fait comme nous on le fait, aussi rapidement», renchérit Mme Caron.

Une viande nutritive… et sucrée?

La viande de bison est riche en nutriment et faible en calorie. Elle est 87% moins grasse que le bœuf, mais contient plus de protéine. Étant des animaux de pâturage, la viande de bison offre également plus de vitamines et minéraux.

«C’est un goût qui est vraiment doux. Ça ressemble au bœuf, mais ça ne goûte pas le bœuf. C’est un peu plus sucré. Il faut vraiment y goûter pour savoir», soutient la propriétaire.

Le goût plait certainement à plusieurs, car la ferme d’une trentaine de têtes ne fournit pas à la demande. C’est pourquoi Rustik Bison, en affaires depuis moins de trois ans, prévoit déjà un agrandissement au cours de la prochaine année.

«Les gens nous encouragent parce qu’ils croient en nos valeurs d’entreprises», croit-elle.

Les clients sont également à visiter la ferme. Il est possible de voir les animaux et de compléter un parcours éducatif près des enclos durant la période estivale.

«Je pense que c’est aussi la rareté vue qu’il n’y a pas beaucoup de bisons. Le monde veut un peu plus différent et ils sont rendus à acheter local», ajoute M. Strickland.

Après seulement une petite heure, les bisons sont désintéressés. Les batteries des caméras sont presque déchargées par le froid. Mais pour plusieurs de ces colosses recouverts de neige, créant une barrière d’isolation supplémentaire, c’est l’heure de la sieste.

À voir dans le reportage d’Alex Sauro.