Science et nature

Un astronaute canadien se prépare pour une mission de la NASA

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La fusée Artemis II SLS (Space Launch System) de la NASA, emportant le vaisseau spatial Orion, se prépare à être lancée au Centre spatial Kennedy, le mercredi 1er avril 2026, à Cap Canaveral, en Floride. (Photo AP/Chris O'Meara) La fusée Artemis II SLS (Space Launch System) de la NASA, emportant le vaisseau spatial Orion, se prépare à être lancée au Centre spatial Kennedy, le mercredi 1er avril 2026, à Cap Canaveral, en Floride. (Chris O'Meara)

Ayant grandi dans une ferme d’élevage de bétail dans l’est de l’Alberta, Joshua Kutryk confie avoir toujours rêvé d’aller dans l’espace, sans jamais y croire vraiment.

Quelques mois après le survol lunaire d’Artemis II, cet homme de 44 ans se prépare pour une mission à bord de la Station spatiale internationale (ISS), une mission qui pourrait mener à des avancées médicales majeures.

M. Kutryk est l’un des quatre membres de l’équipage de la mission Crew 13 de la NASA et de SpaceX.

Il se joint aux astronautes de la NASA Jessica Watkins et Luke Delaney, ainsi qu’au cosmonaute de Roscosmos Sergueï Teteryatnikov. Ce sera la deuxième fois que Mme Watkins se rend à bord de la station spatiale.

L’équipage passera six mois à bord de la Station spatiale internationale (ISS) pour y mener des expériences et effectuer des travaux de maintenance.

Le vaisseau spatial SpaceX Dragon, qui transportera l’équipage, devrait décoller du Centre spatial Kennedy de la NASA, en Floride, le 12 septembre.

«C’est vraiment unique et exceptionnel d’y participer en tant que Canadien, a souligné M. Kutryk. Le programme spatial canadien est tout à fait exceptionnel, et nous y accomplissons énormément de choses.»

La mission comprend des études menées par des Canadiens sur les effets des voyages spatiaux et de la microgravité sur la santé humaine.

Selon M. Kutryk, une grande partie des recherches scientifiques financées par le Canada pourrait avoir des applications pratiques pour l’exploration spatiale future. Il a ajouté que certaines de ces études permettront également de faire progresser la médecine sur Terre.

Ces expériences pourraient contribuer à la mise au point de traitements contre les maladies cardiaques ou l’ostéoporose, car les radiations et la microgravité affectent la santé cardiovasculaire et la densité osseuse, a-t-il expliqué.

Il peut être judicieux de mener des études médicales dans l’espace, car le corps vieillit plus vite dans cet environnement, a-t-il ajouté lors d’un point de presse.

«Ils utilisent l’environnement spatial et mon corps comme modèle pour étudier des problèmes auxquels tous les humains sont confrontés un jour ou l’autre sur Terre», a-t-il expliqué.

Mathieu Caron, directeur du Bureau des astronautes de l’Agence spatiale canadienne, affirme que les sciences de la vie dans l’espace «sont devenues un créneau pour le Canada».

L’équipage effectuera également des travaux d’entretien sur la station, notamment sur le système de maintenance de conception canadienne, surnommé Canadarm2. Joshua Kutryk apportera son expertise en robotique à bord, dit M. Caron.

M. Kutryk est le quatrième Canadien à participer à une mission de longue durée à bord de la Station spatiale internationale.

Trevor Kjorlen, éducateur spatial installé à Montréal, indique qu’avec le démantèlement prévu de la station par la NASA en 2030, M. Kutryk pourrait être le dernier Canadien à y vivre.

«Je pense que c’est une excellente occasion, au cours des six prochains mois après son lancement, pour de nombreux Canadiens de pouvoir voir (la station), car ce sera probablement la dernière fois qu’ils la verront avec un Canadien à bord», a-t-il commenté.

M. Kutryk espère que les missions récentes d’Artemis II et futures de Crew 13 inspireront les jeunes Canadiens dans les domaines techniques.

Il souligne que le Canada a été à l’avant-garde de l’exploration spatiale avec la NASA en participant à ces deux missions.

«J’espère que lorsque les jeunes verront cela, ils comprendront que nous vivons un moment véritablement décisif, a-t-il dit. L’avenir des vols spatiaux pour le Canada est extrêmement prometteur si on le veut. De nombreuses opportunités s’offriront aux futurs astronautes, ingénieurs et scientifiques canadiens, bien plus qu’il n’y en a eu pour moi durant ma jeunesse.»

Après des années de préparation physique et mentale pour la mission, M. Kutryk et son équipage affirment être prêts à décoller dans quelques semaines.