Alors que la mission Artemis II poursuit lundi son chemin vers le record du survol de la Lune, certaines questions concernant ce voyage ont retenu l’attention de certains observateurs.
Dan Riskin, expert en sciences et technologies de CTV News, a décrit lundi, lors d’une entrevue dans l’émission Your Morning de CTV, les conditions de vie à bord du vaisseau spatial comme celles d’une petite cabine d’un «volume équivalent à celui d’un monospace».
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
La salle de bains de la capsule Orion se serait brisée mercredi à la suite d’un dysfonctionnement survenu après le décollage, mais elle a depuis été réparée.
Alors, comment l’équipage d’Artemis II a-t-il géré cette situation?
Debbie Korth, directrice adjointe du programme Orion à la NASA, a expliqué que les membres d’équipage avaient signalé une odeur provenant des toilettes, ajoutant que les toilettes spatiales constituent «toujours un défi».
Le centre de contrôle de mission de l’agence spatiale a demandé aux astronautes de commencer à utiliser les poches de recueil d’urine de secours jusqu’à ce que les toilettes soient réparées.
«En gros, les déchets de catégorie 2 sont récupérés et ramenés sur Terre, tandis que ceux de catégorie 1 sont simplement rejetés dans l’espace», a-t-il expliqué. «Mais apparemment, cela ne s’est pas tout à fait déroulé comme prévu.»
Selon M. Riskin, au départ, le vaisseau spatial ne rejetait pas les déchets.
«Il y a eu un problème», a-t-il indiqué. «Ils n’ont pas donné tous les détails sur ce qui s’est passé, mais quand ils ont eu ce problème de toilettes peu après le lancement, c’était l’urine qui posait problème, pas les selles.»

M. Riskin a évoqué une «odeur âcre» qui s’est installée dans le vaisseau spatial à la suite de ces incidents, d’autant plus que les astronautes à bord ne peuvent pas non plus prendre de douche.
«L’une des tâches auxquelles ces astronautes attèlent actuellement consiste simplement à observer attentivement les odeurs, les bruits… et à en faire part à leurs collègues, afin que ceux-ci puissent s’y préparer pour les missions futures», a-t-il déclaré.
Il existe toutefois un autre facteur qui contribue à cette nuisance olfactive: les flatulences.
Après avoir laissé échapper un petit rire, M. Riskin a expliqué que les gaz émis par le corps humain sont inflammables et peuvent rapidement devenir un problème majeur dans l’espace.
«Il y a du méthane, il y a de l’hydrogène», a-t-il déclaré. «Avant que les gens partent dans l’espace, on s’est beaucoup creusé la tête pour trouver de quoi les nourrir afin qu’ils ne pètent pas autant, et ça inquiétait vraiment tout le monde.»
Selon M. Riskin, des conversations antérieures enregistrées lors de la mission Apollo 13, alors que l’équipage ignorait que ses microphones étaient allumés, décrivaient à quel point il était pénible de se trouver ensemble dans la capsule à cause des flatulences.
«Il y a un purificateur d’air, mais à quel point ça sent mauvais, à quel point ça se produit… on va le découvrir», a-t-il indiqué. «C’est en partie ce qu’ils testent sur le vaisseau spatial Artemis II: à quel point ça pue comme des pets?»
Avec des informations de l’Associated Press

