Science et nature

Le pilote qui a franchi le mur du son tente un nouveau record de vitesse terrestre en Utah

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British driver Andy Green, right, is congratulated by a crew member after setting a new unofficial world diesel powered land speed record of over 328 mph over two runs on the Bonneville Salt Flats in Utah on Tuesday, Aug. 2006. (AP Photo/Douglas C. P... Le pilote britannique Andy Green, à droite, est félicité par un membre de son équipe après avoir établi un nouveau record mondial non officiel de vitesse terrestre avec un véhicule à moteur diesel, dépassant les 328 mi/h lors de deux essais effectués sur les salines de Bonneville, dans l’Utah, le mardi 20 août 2006. (Photo AP/Douglas C. Pizac, archives) (Douglas C. Pizac)

La première — et unique — personne à avoir franchi le mur du son au volant d’une auto prend la piste cette semaine en Utah avec un nouveau véhicule, bien décidé à battre un autre record.

Il y a vingt ans, le pilote britannique Andy Green a établi le record de vitesse terrestre pour une auto à moteur diesel, atteignant 350,092 mi/h (563,4 km/h) sur les célèbres salines de Bonneville, en Utah. Green retournera mardi dans ce paysage lunaire et tentera de battre ce record, cette fois-ci avec une auto à hydrogène.

Cet ancien pilote de chasse de la Royal Air Force vise non seulement à remporter un nouveau titre, mais aussi à mettre en valeur le potentiel de l’hydrogène en tant qu’énergie propre alternative. C’est le «carburant de l’avenir», a déclaré Green à l’Associated Press lors d’une entrevue en juillet.

Green conduira la JCB Hydromax de 32 pieds (9,75 mètres), une création du fabricant britannique d’équipement de construction JCB. La voiture est d’un jaune vif, longue et élancée, ressemblant à un crayon. Elle est propulsée par deux moteurs à combustion interne à hydrogène d’une puissance combinée de 1 600 chevaux, adaptés à partir de moteurs utilisés dans les engins de chantier de l’entreprise. Ils mélangent de l’hydrogène gazeux sous pression à de l’air et le font s’enflammer pour générer des pics de puissance.

En visant le record détenu par un véhicule diesel, Green espère également battre haut la main les records mondiaux de vitesse sur terre pour les moteurs à combustion interne à hydrogène (185,5 mi/h ou 298,5 km/h) et les véhicules électriques (341,3 mi/h ou 549,2 km/h).

Green a atteint une nouvelle vitesse maximale de 368,347 mi/h (592,797 km/h) lors des essais de la semaine dernière, mais pour décrocher officiellement le record de l’hydrogène, il devra réaliser cette performance mardi devant la Fédération internationale de l’automobile, l’organisme international régissant les sports motorisés.

«Je ne peux pas dire quelle sera la vitesse maximale. Nous ne le savons tout simplement pas», a-t-il dit. «Une partie de l’aventure, c’est justement de le découvrir.»

Une chose est sûre : la tentative de mardi ne s’approchera certainement pas des vitesses supersoniques que Green avait atteintes avec un moteur à réaction il y a trois décennies.

Green pilotait déjà des avions militaires supersoniques lorsqu’il a repéré une annonce dans un journal qui disait : «Recherché : conducteur de haute vitesse pour franchir le mur du son», selon le Guinness World Records. En 1997, il a roulé plus vite que la vitesse du son et a établi le record absolu de vitesse terrestre — 763,035 mi/h (1 227,98 km/h) — dans une auto propulsée par deux moteurs à réaction. Ses essais dans le désert de Black Rock, au Nevada, ont produit des bangs soniques qui ont fait trembler la ville voisine de Gerlach.

Aujourd’hui âgé de 64 ans, Green a déclaré qu’il pensait en avoir fini avec la course, mais qu’il était sorti de sa retraite lorsque JCB l’a approché avec des plans pour la nouvelle voiture. L’entreprise a investi plus de 134 millions de dollars américains dans des moteurs à hydrogène qui, selon elle, n’émettent pas de dioxyde de carbone par le pot d’échappement.

« Si l’on prend au sérieux la question des émissions, il faut prendre au sérieux l’hydrogène, et un projet de vitesse sur terre est le moyen idéal de le prouver », a déclaré Anthony Bamford, président de JCB, lors du dévoilement de la voiture en mai. M. Bamford a également fait valoir que l’hydrogène est mieux à même de répondre aux besoins des industries lourdes que l’énergie électrique.

Mais l’hydrogène n’est propre que dans la mesure où sa source l’est, et la grande majorité est actuellement produite à partir de combustibles fossiles. JCB a signé une entente pour l’achat d’hydrogène vert, produit à l’aide d’énergies renouvelables, mais qui ne représente qu’une infime fraction de la production mondiale d’hydrogène.

Les moteurs à combustion à hydrogène posent également des défis particuliers en matière de sécurité en raison de la pression et de l’inflammabilité du gaz.

«Nous gérons les risques avec beaucoup de prudence», a déclaré M. Green. La voiture a été soumise à des essais rigoureux, et M. Green a indiqué avoir passé des mois à étudier sa réaction aux éléments, le fonctionnement des moteurs en tandem et la manière de déployer un parachute pour ralentir la voiture sur la croûte de sel à faible frottement.

Depuis la première course qui s’y est déroulée en 1914, la surface miroitante des salines de Bonneville a attiré des générations de pilotes cherchant à établir de nouveaux records de vitesse sur terre. Vestige d’un lit de lac préhistorique, les salines se trouvent à environ 100 milles (160 kilomètres) à l’ouest de Salt Lake City et reposent sur une nappe aquifère qui refroidit les pneus de la voiture.

Les spectateurs doivent se tenir à environ un quart de mille (400 mètres) de la ligne droite du parcours, longue de 10 milles (16 kilomètres), et observent souvent la course à l’aide de jumelles à grand angle.

Cette étendue située à la frontière entre l’Utah et le Nevada a servi de toile de fond à des films tels que «Independence Day» et «The World’s Fastest Indian», ainsi qu’au dernier épisode de la série «Mad Men».

Green prendra le départ juste après le lever du soleil pour éviter la chaleur du désert. Sa tentative intervient un an après le décès d’un pilote qui tentait d’établir un record de vitesse terrestre lors de la Speed Week annuelle de Bonneville. Chris Raschke avait perdu le contrôle de son véhicule aux allures de fusée, baptisé «Speed Demon», en août dernier et avait succombé à ses blessures.

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