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La Chine et la Russie freinent les négociations sur la protection des manchots empereurs

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ARCHIVES - Cette photo non datée fournie par le British Antarctic Survey en janvier 2024 montre des manchots empereurs adultes avec un poussin près de la station de recherche Halley en Antarctique. ARCHIVES - Cette photo non datée fournie par le British Antarctic Survey en janvier 2024 montre des manchots empereurs adultes avec un poussin près de la station de recherche Halley en Antarctique. (British Antarctic Survey via AP)

La Chine et la Russie ont empêché les discussions annuelles sur l’Antarctique de déboucher sur un accord pour renforcer la protection des manchots empereurs, une espèce menacée, ont déclaré jeudi des responsables, malgré les menaces du changement climatique et du surtourisme sur le continent.

La conférence, organisée cette année dans la région d’Hiroshima au Japon, réunissait les 12 pays signataires originaux du Traité sur l’Antarctique — qui compte désormais 58 parties — ainsi que 17 autres pays y menant d’importantes activités de recherche.

Parmi les questions les plus suivies cette année figurait le statut des manchots empereurs, que l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a déclarés en danger le mois dernier.

Les défenseurs de l’environnement comptaient sur la conférence d’Hiroshima pour que cet animal de l’Antarctique soit déclaré espèce spécialement protégée, afin d’imposer des restrictions sur le transport maritime et le tourisme, qui exercent actuellement une forte pression sur les manchots.

Leur population a chuté, principalement en raison du changement climatique qui provoque la fonte précoce de leur banquise.

Si la réunion a confirmé que la protection des manchots empereurs était une priorité, elle n’est pas allée jusqu’à leur accorder le statut d’espèce spécialement protégée.

La Chine, en particulier, s’est «fermement opposée» à cette désignation, et «la Russie s’est rangée du côté de la Chine», a déclaré Hideki Uyama, du ministère japonais des Affaires étrangères, lors d’une conférence de presse à l’issue de la réunion qu’il présidait.

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Bien que la Chine ait admis la nécessité de donner la priorité à la protection des manchots empereurs, elle a soutenu que le reclassement serait «prématuré» et qu’il fallait explorer d’autres solutions, a indiqué M. Uyama.

«Il est très décevant que nous n’ayons pas réussi à parvenir à un consensus», a-t-il déploré, qualifiant tout de même d’«avancée importante» le fait que tous les participants se soient mis d’accord pour poursuivre les discussions.

Pour Rod Downie, conseiller en chef pour les pôles et les océans au sein de l’organisation de protection de la nature WWF, le processus décisionnel du Traité sur l’Antarctique «ne parvient pas à suivre le rythme rapide du changement climatique».

«Il est profondément préoccupant qu’une très petite minorité de parties ait bloqué le consensus sur cette désignation cruciale», a-t-il déclaré dans un communiqué.

La réunion a également porté sur la manière de gérer le nombre croissant de touristes affluant vers ce continent fragile.

Près de 120 000 personnes ont visité l’Antarctique en 2024-2025, et les représentants des différents pays ont réfléchi à d’éventuelles restrictions sur certaines zones ou activités, ainsi qu’à la mise en place de quotas.

La Coalition pour l’Antarctique et l’océan austral (ASOC) — une alliance mondiale d’organisations environnementales — a salué «les progrès réalisés dans les négociations en vue d’un cadre de régulation du tourisme», mais a estimé par la voix de son conseiller principal Ricardo Roura à la mise en place de règles juridiquement contraignantes.