Selon une nouvelle étude, l’évolution humaine s’est accélérée depuis que nos ancêtres ont commencé à pratiquer l’agriculture, favorisant ainsi des traits tels que les cheveux roux et une faible masse graisseuse.
Ce texte est une traduction d’un contenu de CTV News.
Menée par des chercheurs de l’Université Harvard, cette étude a analysé des échantillons d’ADN provenant de près de 16 000 humains anciens ayant vécu en Europe et dans certaines régions du Moyen-Orient sur une période de plus de 10 000 ans. Les chercheurs ont découvert que, durant cette période et dans cette région, la sélection naturelle s’était accélérée pour des centaines de gènes liés à des traits tels que la couleur des cheveux, le teint, la morphologie, la résistance aux maladies et le comportement.
«Ces travaux nous permettent de situer dans l’espace et dans le temps les forces qui nous ont façonnés», a expliqué l’auteur principal David Reich, professeur de génétique et de biologie de l’évolution humaine à l’Université Harvard, dans un communiqué de presse.
Des cheveux roux à une faible masse graisseuse
Pour cette étude, les chercheurs ont passé sept ans à constituer une collection de séquences d’ADN provenant d’anciens habitants de l’Eurasie occidentale, qui englobe l’Europe et certaines régions du Moyen-Orient. En collaboration avec 250 archéologues et anthropologues, ils ont enregistré de nouvelles données ADN provenant de plus de 10 000 anciens humains. Les chercheurs ont également analysé des données ADN déjà séquencées provenant d’environ 5800 individus anciens et des séquences issues de 6 400 humains modernes afin de réaliser la plus grande étude de ce type.
«Cet article à lui seul double le volume de la littérature sur l’ADN humain ancien», a expliqué M. Reich. «Il reflète un effort ciblé visant à combler les lacunes qui limitaient la capacité des études précédentes à détecter la sélection.»
Lorsque l’ADN de ces anciens humains a été analysé à l’aide de nouvelles méthodes computationnelles, les chercheurs ont pu identifier 479 variations génétiques qui s’étaient propagées ou avaient décliné. Ils ont découvert que ces changements génétiques s’étaient accélérés après que la région a commencé à passer de la chasse et de la cueillette à l’agriculture, il y a environ 10 000 ans.
Les variants d’ADN identifiés sont liés à des traits physiques tels que les cheveux roux, un teint clair et un risque moindre de calvitie masculine.
En matière de santé, ces changements génétiques ont conduit à une immunité accrue contre l’infection par le VIH et la lèpre, à un risque moindre de polyarthrite rhumatoïde et d’alcoolisme, ainsi qu’à une prévalence croissante du groupe sanguin B.
Des changements associés à une réduction des traits néfastes ont également été observés, notamment un risque moindre de trouble bipolaire et de schizophrénie, une diminution de la masse graisseuse et du rapport taille-hanches, ainsi qu’une baisse du risque de tabagisme.
«Richesse de la variation»
Les chercheurs affirment que ces résultats montrent que depuis l’apparition de l’homme moderne en Afrique il y a environ 300 000 ans, notre espèce a continué d’évoluer davantage qu’on ne le pensait auparavant.
L’étude a été publiée mercredi dans la revue scientifique Nature.
L’équipe souhaite désormais remonter encore plus loin dans le temps et étudier l’évolution d’autres populations à travers le monde.
«Dans quelle mesure observerons-nous des schémas similaires en Asie de l’Est, en Afrique de l’Est ou chez les Amérindiens de Mésoamérique et des Andes centrales ?», a demandé M. Reich.
«Cet article montre à quel point la sélection peut être complexe et offre l’occasion d’examiner la richesse de la variation au sein des populations humaines.»

