Des chercheurs ont découvert des traces d’ADN inconnues dans notre ADN, selon une nouvelle étude publiée en juillet dernier dans la revue Science.
Il y a plusieurs années, des scientifiques ont découvert que l’Homo sapiens s’était croisé avec des espèces humaines aujourd’hui disparues, notamment les Néandertaliens et les Denisoviens. Plus récemment, des chercheurs ont identifié deux lignées humaines encore inconnues.
La première aurait croisé directement l’Homo sapiens en Afrique, avant que celui-ci quitte le continent il y a environ 50 000 ans. La seconde, beaucoup plus ancienne, se serait croisée avec les Denisoviens en Eurasie, qui auraient ensuite transmis une partie de son ADN aux humains modernes.
Les chercheurs ont utilisé une méthode informatique, appelée TRACE, pour parvenir à ces résultats. Celle-ci est capable de repérer des traces laissées par des populations disparues dans l’ADN humain actuel.
«La question la plus fondamentale que la plupart d’entre nous se posent est: “Pourquoi sommes-nous ici? D’où venons-nous?” Et ces généalogies nous permettent véritablement de plonger dans le passé d’une manière qui nous était impossible auparavant», a expliqué Priya Moorjani, coauteure de l’étude et professeure agrégée au département de biologie moléculaire et cellulaire de l’Université de la Californie à Berkeley à CNN.
Selon elle, cette découverte permet d’approfondir la recherche sur les raisons pour lesquelles certains groupes d’hominidés ont survécu tandis que d’autres ont disparu et sur l’évolution des humains selon les environnements.
Les chercheurs ont testé TRACE sur plus de 500 génomes humains modernes provenant de populations actuelles d’Afrique, d’Europe et d’Asie, dans lesquelles ils ont trouvé des traces de ces ADN inconnues.
«Si l’on va même au-delà des humains, le flux génétique et le métissage entre les groupes sont assez répandus dans toutes les populations; il n’est donc pas très surprenant que nous portions en nous de l’ADN provenant de différents groupes d’hominidés», a rapporté Mme Moorjani à CNN. «C’est simplement que, jusqu’à récemment, il n’était pas possible d’extraire cet ADN de personnes ayant vécu dans le passé.»
Même si l’origine exacte de ces ancêtres demeure inconnue, les chercheurs estiment que l’une de ces lignées serait apparue à la même époque que les populations d’Homo du Pléistocène moyen en Afrique. Selon l’étude, cela pourrait même appartenir aux Homo heidelbergensis qui auraient vécu il y a environ 700 000 à 200 000 ans en Afrique et en Europe.
Toujours selon l’étude, l’autre lignée pourrait appartenir à l’Homo erectus d’Eurasie.
«Cette découverte d’une lignée ultra-archaïque est particulièrement passionnante, car elle révèle les contributions génétiques d’une lignée humaine qui a vécu il y a plus d’un million d’années, malgré l’absence de toute séquence d’ADN provenant de cette population», a mentionné Arjun Biddanda, chercheur postdoctoral à l’Université Johns Hopkins et coauteur principal de l’étude, dans un communiqué.