Science et nature

Capturer des ratons laveurs pour freiner la rage qui approche du grand Montréal

Noovo Info a assisté à la campagne de vaccination en cours dans 32 municipalités du Québec.

Publié le 

Capturer des ratons laveurs pour freiner la rage Près d’un millier de ratons laveurs seront capturés et vaccinés durant le mois de juin. Le but, empêcher cette maladie mortelle d’atteindre Montréal.

Près d’un millier de ratons laveurs seront capturés et vaccinés dans les prochaines semaines par une équipe du Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs. Le but, empêcher cette maladie mortelle d’atteindre Montréal.

«On capture, on vaccine et on relâche les ratons laveurs dans un territoire de 750 km2 autour de la couronne sud de Montréal», soutient la coordonnatrice provinciale de la gestion de la rage, Marianne Gagnier.

marianne gagnier La biologiste Marianne Gagnier invite la population a signaler les animaux avec un comportement étrange. (Noovo Info)

Depuis l’éclosion de l’épidémie en décembre 2024, la province compte 165 cas de rage du raton laveur. Un nombre plus élevé que la dernière vague en 2006. Ce qui force le gouvernement à mettre les bouchées doubles pour limiter sa propagation.

Après plusieurs opérations avec des appâts vaccinaux, une cinquantaine d’experts de la faune sont maintenant déployés jusqu’au 23 juin pour attraper des ratons laveurs et des moufettes (aussi porteurs de la rage).

Guimauve, vaccin et peinture

Dans un petit boisé de la Rive-Sud de Montréal, deux cages ont rempli leur mission durant la nuit. Les habitants du quartier de La Praire s’arrêtent pour comprendre ce que fait le Ministère de l’Environnement sur leur rue tranquille.

«Tous les jours, on vient vérifier nos différentes cages et les deux ici ont des ratons laveurs», souligne l’étudiant en médecine vétérinaire, Guilbeault Myers en préparant son équipement. Le jeune homme est accompagné de Gaétan Fournier, un technicien d’expérience en aménagement de la faune.

campagne vaccins ratons laveurs Le duo doit inspecter une trentaine de cages par jour. (Axel Dansereau Macias/Noovo Info)

Pour attirer les ratons laveurs, l’équipe utilise de simples guimauves d’épicerie. La forme et la couleur sont similaires à un œuf et les ratons laveurs peuvent détecter le sucre, selon Gaétan Fournier.

«On pourrait très bien utiliser des sardines, mais ça pourrait attirer des chats», ajoute-t-il.

Le tout ne dure que quelques minutes dans le silence pour réduire le stress des animaux. Le duo commence par immobiliser le raton laveur dans la cage. Une étiquette est apposée sur l’oreille de l’animal avant de le vacciner.

vaccins raton laveur Le vaccin permet de créer une immunité à la rage dans les populations de ratons laveurs. (Noovo Info)

Après quelques grognements, une peinture est pulvérisée sur l’animal à la manière d’un graffiti. Le but est d’identifier le mammifère dans le cas d’une recapture et éviter une double vaccination.

Les experts en faune identifient aussi le sexe de l’animal pour aider les biologistes à estimer la structure des différentes populations

Interdiction de déplacement

«Malgré nos efforts de prévention, la maladie s’est rendue au Québec à partir du Vermont en 2024», explique Marianne Gagnier.

En plus de la vaccination, la biologiste rappelle l’importance de ne pas déplacer les ratons laveurs, les moufettes, les renards et les coyotes.

«Un animal qu’on relocalise ne restera pas dans le milieu où on l’a déposé. Il peut faire cinq ou dix kilomètres de plus et aller propager la rage, ce qui complexifie beaucoup nos opérations.»

—  Marianne Gagnier, coordonnatrice provinciale de la gestion de la rage
carte rage ratons Carte des spécimens collectés depuis le 1er janvier 2026.

Une interdiction est en vigueur dans une centaine de municipalités au Québec jusqu’au 6 aout 2026, autant pour les individus que pour les entreprises.

La province invite la population à signaler tout animal ayant un comportement ou un état de santé anormal. «L’année passée, environ 80% des cas détectés, c’était grâce à des signalements citoyens», estime la scientifique.