Alors que des médecins ont remarqué une «explosion» des infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS) depuis la pandémie, 75% des Canadiens actifs sexuellement contractent le virus du papillome humain (VPH) au cours de leur vie.
Le VPH, qui est un virus transmissible sexuellement, est la cause de nombreux cancers. «Le virus papillome humain peut potentiellement donner un cancer du col de l’utérus. Mais pas seulement le col, il peut donner d’autres types de cancers, comme le vagin, la vulve, l’anus, le pénis, la bouche et la gorge», explique Sarah Bachand, qui est infirmière en gynécologie.
Le cancer du col de l’utérus est d’ailleurs causé par le VPH dans presque 100% des cas, note-t-elle. Selon la Société canadienne du cancer, le VPH est également associé à 80 à 90% des cancers de l’anus et 40% des cancers du vagin et de la vulve.
«Ce qu’il faut que l’on comprenne, c’est que le VPH affecte autant les hommes», ajoute Mme Bachand.
Prévention et vaccination
Certains gestes peuvent toutefois aider à prévenir le VPH, qui se transmet silencieusement et généralement sans symptôme.
Si Mme Bachand conseille évidemment d’utiliser le condom, il faut toutefois rester prudent. «Il faut garder en tête que ce n’est pas 100 %, donc s’il y a le port de condom en tout temps, on ne peut pas se déclarer complètement sécuritaire contre le VPH. Il protège, mais partiellement», ajoute-t-elle.
«Ce que je dis à mes enfants, c’est que dès qu’on a une relation sexuelle, on est consentant à être infecté par un VPH», raconte Mme Bachand.
La vaccination contre le VPH, le dépistage selon les recommandations et éviter de fumer sont également des moyens de protection aux yeux de l’infirmière.
L’importance du dépistage
Le test de dépistage des virus du papillome humain remplace dorénavant le fameux test Pap partout dans la province.
Dans le cas du test Pap, des cellules étaient prélevées du col de l’utérus pour détecter la présence de cellules anormales ou de cellules cancéreuses. «Le nouveau test primaire qu’on va recommander aux patientes au lieu du test Pap, c’est le test VPH qui va nous dire s’il y a la présence des quatorze sous-types de VPH qu’on considère à haut risque», souligne Mme Bachand.
Contrairement au test Pap, qui est réalisé tous les deux ans, le test VPH se fait tous les cinq ans dans la majorité des cas.
Il faut toutefois garder en tête qu’il n’y a aucun test de dépistage chez les hommes. Un dépistage pour les ITSS qui n’indique aucune maladie n’inclut donc pas le VPH. «Pour le VPH, il n’y a aucune façon de savoir si un [homme] est porteur ou non», prévient-elle.
Cette dernière indique qu’il faut tenir pour acquis que tout le monde sera porteur à un moment de sa vie. «Il n’y a pas de place à la culpabilité dans tout ce qui est discussion VPH. La seule chose qui est importante, c’est de prévenir le cancer, c’est de savoir qu’on est tous dans le même bateau, peu importe le nombre de partenaires», insiste Mme Bachand.

