Santé

Une perturbation du rythme circadien associée à un risque plus élevé de COVID longue

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Les travailleurs de nuit souffrant d’insomnie chronique avaient 2,7 fois plus de risques de développer une COVID longue que les travailleurs de jour ne souffrant pas d’insomnie. Sur la photo, une horloge antique dans un musée du Portugal en 2025. PHOTO DE LA PRESSE CANADIENNE Les travailleurs de nuit souffrant d’insomnie chronique avaient 2,7 fois plus de risques de développer une COVID longue que les travailleurs de jour ne souffrant pas d’insomnie. Sur la photo, une horloge antique dans un musée du Portugal en 2025. PHOTO DE LA PRESSE CANADIENNE (Mike Fuhrmann)

Une perturbation du rythme circadien semble associée à un risque plus élevé de COVID longue, montre une nouvelle étude espagnole.

Des études précédentes avaient souligné qu’un dérangement de cette horloge interne de l’organisme pouvait affaiblir le système immunitaire, et donc augmenter la vulnérabilité aux infections. Puis, lors de la pandémie de COVID-19, une étude menée au Royaume-Uni avait révélé que les troubles du sommeil étaient associés à un risque accru d’infection par le SRAS-CoV-2.

Cette nouvelle étude serait la première à tracer une association avec une augmentation du risque de COVID longue.

L’équipe de recherche a suivi presque 3000 adultes issus d’une étude de population menée en Catalogne entre 2021 et 2023. Parmi les quelque 2000 participants ayant contracté le SRAS-CoV-2, un peu moins de 300 ont développé une COVID longue – définie comme la persistance de symptômes pendant plus de trois mois après l’infection – au cours des deux années de suivi, a-t-on indiqué par voie de communiqué.

Par rapport aux travailleurs de jour, ceux effectuant des quarts de nuit présentaient un risque accru de 88 % (soit près du double) de développer une COVID longue, après prise en compte d’autres facteurs de risque tels que les antécédents vaccinaux ou les maladies chroniques. Cette association était plus marquée chez les travailleurs de nuit souffrant d’obésité.

De plus, cette augmentation du risque a été observée tant chez les travailleurs de nuit actuels que chez les anciens, ce qui suggère qu’elle reflète les effets à long terme d’une perturbation du rythme circadien plutôt que des changements à court terme.

En revanche, le travail de nuit n’était pas associé à un risque accru d’infection, ce qui suggère que la perturbation de l’horloge biologique pourrait influencer la manière dont l’organisme se remet d’une infection plutôt que la probabilité de contracter le virus, estiment les chercheurs.

Ces résultats suggèrent que la perturbation du rythme circadien joue un rôle dans la transition d’une infection aiguë vers des symptômes persistants, souligne le communiqué.

Les auteurs de l’étude ont par ailleurs constaté que l’insomnie chronique augmentait également le risque de COVID longue de 42 %, indépendamment du travail de nuit. Ensemble, ces deux facteurs avaient un effet synergique : les travailleurs de nuit souffrant d’insomnie chronique avaient 2,7 fois plus de risques de développer une COVID longue que les travailleurs de jour ne souffrant pas d’insomnie.

Les mécanismes biologiques en jeu ne sont pas encore entièrement compris, mais le moment de la journée où l’organisme est confronté à un agent pathogène peut influencer la réponse immunitaire. De plus, la perturbation de l’horloge biologique de l’organisme peut altérer la capacité du système immunitaire à éliminer l’infection, expliquent les chercheurs.

«Les résultats de notre vaste étude de cohorte prospective indiquent que le travail de nuit et un sommeil de mauvaise qualité sont, tant individuellement que conjointement, associés à un risque accru de COVID longue», écrivent les chercheurs.

Les conclusions de cette étude ont été publiées par le Scandinavian Journal of Work, Environment and Health.