Santé

Une pénurie d'antidouleurs dans les pharmacies du Québec

Les pharmacies québécoises font face à une pénurie d’hydromorphone, les comprimés de 1 mg et de 2 mg commençant à manquer.

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Sur cette photo d'archive datée du vendredi 8 juillet 2016, un technicien en pharmacie prépare une ordonnance dans une pharmacie de Sacramento, en Californie. (Photo AP/Rich Pedroncelli, archives) Sur cette photo d'archive datée du vendredi 8 juillet 2016, un technicien en pharmacie prépare une ordonnance dans une pharmacie de Sacramento, en Californie. Crédit image | Photo AP (Rich Pedroncelli)

Une pénurie d’un antidouleur couramment prescrit a cours présentement au Canada, et touche les pharmacies du Québec. Il s’agit des comprimés d’hydromorphone, qui comprend la marque Dilaudid et deux génériques.

L’Ordre des pharmaciens du Québec a confirmé qu’une pénurie d’opioïdes sévit à travers le Canada. Cela concerne plus particulièrement les comprimés d’hydromorphone à libération immédiate de 1 et 2 mg.

Selon l’Association des pharmaciens du Canada, les difficultés sont liées «à des problèmes de fabrication et d’approvisionnement qui touchent plusieurs fabricants de ces dosages». La pénurie pourrait durer jusqu’en septembre.

Dans un courriel, le ministère québécois de la Santé a spécifié que la rupture d’approvisionnement touchait les trois fabricants qui commercialisent l’hydromorphone au Canada, deux fabricants de médicaments génériques ainsi que Purdue Pharma, fabricant du Dilaudid. Les quatre teneurs (1 ,2 ,4 et 8 mg) sont impactées du côté des fabricants génériques, mais seulement pour les comprimés de 1 et 2 mg pour Purdue Pharma.

«Les patients ne doivent pas s’alarmer. Pour l’instant, on est encore capable d’en commander», tient à préciser Geneviève Charbonneau, pharmacienne propriétaire à Saint-Joseph-du-Lac et présidente suppléante à l’Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP).

Le Dilaudid est prescrit pour soulager la douleur aiguë ou chronique modérée à intense. Il est plus puissant que la morphine. «On va le prescrire pour des gens qui ont des douleurs chroniques, des maux de dos chroniques. Quelqu’un qui aurait des douleurs post-zona, par exemple. Ça va arriver de temps en temps qu’on va le voir prescrit par des dentistes pour des douleurs dentaires sévères, en [post-opération] pour des chirurgies orthopédiques pour de courtes périodes», énumère la pharmacienne.

Pour continuer d’offrir les prescriptions d’antidouleurs à la population, les pharmaciens doivent couper en deux les comprimés de 2 mg, mais cela n’est pas possible pour les plus fortes doses. «Les patients qui prennent les plus petites doses, parfois, on n’a pas les comprimés qu’il faut. Donc, il faut leur donner des comprimés plus forts, puis il faut les couper ou il faut ajuster le dosage», explique Mme Charbonneau.

Advenant une rupture complète du Dilaudid, les pharmaciens pourraient prescrire d’autres antidouleurs. «Si jamais, éventuellement, il n’y en a pas ou il n’y en a plus, on peut calculer des équivalences avec d’autres narcotiques, d’autres opioïdes. Mais il faut calculer des équivalences de dosage selon la puissance de chacun pour s’assurer qu’on donne le bon traitement. Ça pourrait être de la morphine, par exemple. Il y en a qui parlaient des timbres de fentanyl, mais ça, ce n’est pas adapté pour tout le monde du tout», détaille Mme Charbonneau.

Faire préparer son ordonnance 24h à l’avance

Les pharmaciens demandent aux Québécois de s’y prendre à l’avance pour renouveler leur ordonnance. Si une personne arrive la journée même sans avoir appelé à l’avance pour que le pharmacien prépare sa prescription, il se peut que la pharmacie soit en rupture de stock. «Mais je suis capable d’en avoir pour le lendemain, indique Mme Charbonneau. Si on ne veut pas être à court pendant une soirée, une nuit, un 24-48 heures d’avance, c’est toujours l’idéal.»

On ne peut pas renouveler trop d’avance non plus, cependant, puisque ce sont des médicaments contrôlés, soulève la pharmacienne. «Mais de planifier, surtout si on part en voyage, de ne pas arriver le matin du voyage avant de partir, c’est ça la clé dans le fond pour les patients», réitère Mme Charbonneau.

Le ministère québécois de la Santé a indiqué que «quelques arrivages ponctuels de comprimés de 1 mg sont attendus au cours des prochaines semaines». Un retour à une situation stable est anticipé en octobre seulement, pour cette dose provenant des fabricants génériques. «Pour les comprimés de 2 mg, une amélioration de la situation est attendue à la suite du réapprovisionnement de l’autre fabricant générique, prévu en août ou au début de septembre», ajoute le ministère.

Le gouvernement de la Colombie-Britannique indique lui aussi qu’un réapprovisionnement des fabricants est en cours. Pharmascience, un important fabricant de médicaments desservant les marchés canadien et international, prévoit une résolution de la pénurie en août 2026 pour les comprimés de 1 mg et en septembre 2026 pour les comprimés de 2 mg.

Des perturbations d’approvisionnement pourraient toutefois persister pour les dosages de 1 mg et 2 mg jusqu’à ce que l’approvisionnement se stabilise.

Katrine Desautels

Katrine Desautels

Journaliste