Une Suissesse traitée pour le virus Ebola au Nigeria a été évacuée vers la Suisse avec son mari pour raisons médicales lundi, ont indiqué les autorités. Les autorités nigérianes continuent de surveiller 52 personnes ayant été en contact avec elle.
Le ministre nigérian de la Santé, Muhammad Pate, a déclaré que cette femme, premier cas recensé dans le pays dans le cadre de l’épidémie actuelle, avait quitté la capitale, Abuja, tôt lundi matin avec son accord. Son état s’était considérablement amélioré; elle était stable, consciente et capable de communiquer, a-t-il précisé.
«Cela ne signifie pas pour autant qu’elle ne soit plus contagieuse, d’où les protocoles stricts mis en place», a écrit M. Pate sur X. Le mari de la femme infectée, un diplomate suisse en poste au Nigeria, ne présentait aucun symptôme.
L’Office fédéral de la santé publique suisse a indiqué que le couple était arrivé lundi à bord d’un vol d’évacuation médicale. La femme a été prise en charge aux Hôpitaux universitaires de Genève, tandis que son mari était en isolement à l’Hôpital universitaire de Zurich. L’agence a précisé que les deux centres de soins étaient équipés pour leurs cas et qu’il n’y avait aucun risque pour la population suisse.
Le directeur régional de l’Organisation mondiale de la santé pour l’Afrique, Mohamed Janabi, a expliqué que l’évacuation avait été organisée car le couple est de nationalité suisse et que les équipes médicales nigérianes avaient stabilisé l’état de la femme après l’avoir soignée pendant la phase aiguë de la maladie.
Le Nigeria continuera à surveiller 52 autres personnes ayant été en contact avec eux, a précisé M. Janabi.
«Avec l’évacuation de la patiente et de son mari, le Nigeria ne compte actuellement aucun cas d’Ebola», a-t-il déclaré, soulignant que la vigilance restait de mise.
M. Pate a indiqué que les mesures de confinement restaient en vigueur et a exhorté les Nigérians à rester vigilants.
La femme a été testée positive après son retour à Abuja depuis l’Ouganda. Les autorités nigérianes ont précisé vendredi qu’elles n’avaient pas encore établi comment elle avait contracté le virus.
Le ministère suisse des Affaires étrangères a déclaré à l’Associated Press la semaine dernière que la femme ne s’était pas rendue en République démocratique du Congo (RDC) et qu’elle aurait été infectée lors d’un voyage en Ouganda avec son mari.
Le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies a indiqué que les premiers patients au Nigeria et au Kenya avaient tous deux transité par l’aéroport international d’Entebbe, en Ouganda, le 3 octobre. L’Ouganda a par le passé signalé des cas d’Ebola, mais il s’était ensuite déclaré libéré du virus.
Le Kenya a enregistré neuf cas, dont deux décès, depuis la confirmation de son premier cas au début du mois.
Lundi, le Kenya a libéré 20 personnes ayant été exposées au virus en tant que contacts du premier cas recensé dans le pays de la quarantaine, tandis que 98 autres devaient être libérées à partir de mardi prochain.
«Chacun des 20 contacts a été évalué au regard des critères de levée de quarantaine, notamment l’absence de symptômes pendant 21 jours depuis leur dernière exposition», a indiqué le ministère kenyan de la Santé dans un communiqué.
La propagation d’Ebola au-delà de la RDC a exacerbé les craintes de longue date des autorités sanitaires concernant la transmission rapide du virus rare de Bundibugyo.
Les derniers chiffres du ministère congolais de la Santé font état de plus de 9900 cas depuis le début de l’épidémie en mai, dont plus de 4800 décès.
L’OMS a déclaré que cette épidémie était celle qui s’était propagée le plus rapidement jamais enregistrée et qu’elle était en passe de dépasser le bilan de l’épidémie la plus meurtrière: celle qui a frappé l’Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016 pour y faire 11 000 morts.
Le Nigeria figurait parmi les pays touchés, enregistrant 20 cas avant que l’épidémie ne soit déclarée terminée au bout de trois mois.
