Santé

Une nouvelle option thérapeutique existe pour les gens souffrant d’apnée du sommeil et d’obésité

Certains participants ont vu leurs symptômes s’améliorer au point d’être considérés comme légers.

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Zepbound Un stylo injecteur Zepbound d’Eli Lilly & Co. exposé dans l’arrondissement de Brooklyn, à New York (États-Unis), le jeudi 28 mars 2024. (Shelby Knowles/Bloomberg)

Santé Canada a approuvé Zepbound, premier médicament au Canada indiqué pour le traitement de l’apnée obstructive du sommeil (AOS) modérée à grave chez les adultes souffrant d’obésité.

Cette approbation marque une avancée dans le traitement d’une maladie qui affecte la respiration pendant le sommeil et peut contribuer à toute une série de complications de santé, notamment les maladies cardiovasculaires, le diabète de type 2 et la fatigue diurne.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

L’AOS survient lorsque les voies respiratoires supérieures se bouchent pendant le sommeil, provoquant des interruptions répétées de la respiration tout au long de la nuit.

Le médicament est approuvé pour être utilisé en association avec un régime hypocalorique et une activité physique accrue chez les adultes dont l’indice de masse corporelle est de 30 ou plus.

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Selon la Dre Paulette Pillersdorf, dentiste et thérapeute spécialisée dans le ronflement et l’apnée du sommeil, il peut être difficile de rompre le lien entre l’obésité et l’apnée du sommeil chez les patients atteints de ces deux troubles.

«De nombreux patients en surpoids souffrent d’apnée du sommeil, et ce lien fonctionne dans les deux sens», a expliqué la Dre Pillersdorf lors d’une entrevue accordée à CTVNews.ca.

«Si vous êtes en surpoids et que vous souffrez d’apnée du sommeil, cela peut affecter des hormones comme la ghréline et la leptine, ce qui rend la perte de poids plus difficile. Une fois que vous parvenez à perdre du poids — ce qui peut être l’un des effets du traitement au tirzépatide —, il devient alors beaucoup plus facile de continuer à maigrir à mesure que ces hormones se stabilisent.»

Les spécialistes du sommeil ont depuis longtemps relevé le lien entre l’obésité et l’apnée obstructive du sommeil. L’excès de poids peut contribuer à l’obstruction des voies respiratoires, tandis qu’un mauvais sommeil peut rendre la gestion du poids plus difficile, créant ainsi un cercle vicieux que les patients ont du mal à briser.

L’approbation s’est fondée sur les résultats d’essais cliniques de phase 3 qui ont évalué le tirzépatide chez des adultes souffrant d’obésité et d’AOS modérée à grave. Les chercheurs ont constaté que les participants prenant le médicament présentaient moins d’interruptions respiratoires pendant le sommeil, comparativement à ceux recevant un placebo. Certains participants ont également vu leurs symptômes s’améliorer au point d’être considérés comme légers ou de ne plus être cliniquement significatifs après un an de traitement.

Mme Pillersdorf a déclaré que les résultats de l’essai confirment ce que les cliniciens ont observé concernant la relation entre la perte de poids et la gravité de l’apnée du sommeil.

«En ce qui concerne les essais cliniques, il a été démontré que le tirzépatide réduisait les épisodes d’apnée de 63 pour cent», a-t-elle déclaré. «En règle générale, si vous perdez de 10 à 15 pour cent de votre poids corporel, cela pourrait réduire vos scores d’apnée jusqu’à 50 pour cent.»

Elle a souligné que l’impact peut varier en fonction de la gravité de l’état du patient.

«Si vous souffrez d’apnée grave, cela pourrait vous faire passer dans une catégorie plus modérée; si votre apnée est légère ou modérée, cela pourrait en fait vous faire entrer dans une catégorie plus légère, voire normale, en matière d’apnée du sommeil», a-t-elle expliqué.

La pression positive continue, communément appelée thérapie par CPAP, demeure un traitement standard de l’apnée obstructive du sommeil. Cependant, l’observance peut s’avérer difficile pour certains patients, ce qui suscite un intérêt pour des approches thérapeutiques supplémentaires ciblant les facteurs de risque sous-jacents, comme l’obésité.

Mme Pillersdorf a déclaré que le tirzépatide devait être considéré comme une option supplémentaire s’inscrivant dans un cadre thérapeutique plus large, plutôt que comme un substitut aux traitements existants.

«Chaque patient est différent, et nous essayons de traiter chacun d’entre eux de manière individualisée, en fonction de ses besoins», a-t-elle affirmé «Il est également possible de porter des appareils buccodentaires en complément de la CPAP. Tout ce qui contribue à l’observance du patient et lui offre le meilleur traitement possible est important.»

Elle a ajouté que de nombreux patients ont de la difficulté à tolérer le traitement par CPAP, ce qui crée un besoin d’options thérapeutiques supplémentaires.

«On sait qu’environ 50 % des personnes ne peuvent pas utiliser efficacement la CPAP», a déclaré Mme Pillersdorf. «C’est pourquoi une solution de rechange est nécessaire pour les patients qui ne souhaitent pas être traités par CPAP ou qui ont essayé sans succès. Il doit y avoir une solution de rechange, car il existe un groupe important de patients qui ne tolèrent pas la CPAP.»

Bien que des questions relatives à l’accès, au coût et à la couverture d’assurance demeurent, cette décision ajoute un nouvel outil au panorama thérapeutique pour les Canadiens aux prises avec l’obésité et l’apnée obstructive du sommeil. L’impact à long terme sur les résultats cliniques et l’adoption du traitement par les patients deviendra probablement plus clair à mesure que le médicament sera utilisé à plus grande échelle en milieu clinique.

Archie Niari

Archie Niari

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Journalist, CTVNews.ca