Un nouveau traitement contre le cancer prometteur, administré par simple injection sous-cutanée, a permis d’observer une réduction significative de la taille des tumeurs chez des patients atteints d’un cancer de la tête et du cou récidivant et/ou métastatique.
Des scientifiques de l’Institut de recherche sur le cancer (ICR) ont présenté dimanche, lors du congrès annuel de la Société américaine d’oncologie clinique (ASCO), les résultats de leur étude, connue sous le nom d’essai OrigAMI-4.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
Le médicament, appelé amivantamab, a été administré à des patients qui ne répondaient plus aux traitements standard.
Les recherches montrent que l’injection d’amivantamab a réduit les tumeurs chez 43 des 102 patients, dont 15 chez qui les tumeurs ont complètement disparu.
Les experts estiment que les résultats de cet essai clinique sont prometteurs.
«L’essentiel est que de nouveaux médicaments, comme l’amivantamab, se révèlent très prometteurs dans le traitement des cancers de la tête et du cou négatifs pour le VPH», a indiqué Glenn J. Hanna, directeur du Centre for Cancer Therapeutic Innovation au Dana-Farber Cancer Institute de Boston, dans le Massachusetts.
«Cela permettra, espérons-le, d’améliorer la durabilité de la réponse et, espérons-le, d’améliorer la survie et les résultats, de sorte que de nombreuses années de vie soient possibles, même en cas de récidive métastatique», a-t-il dit.
Selon lui, ce traitement pourrait bénéficier à des milliers de patients chaque année.
L’amivantamab est un traitement anticancéreux ciblé conçu pour bloquer plusieurs des signaux qui favorisent la croissance et la propagation des cellules cancéreuses. Il est fabriqué par Johnson & Johnson et est déjà utilisé pour traiter certains types de cancer du poumon.
Contrairement à de nombreux traitements anticancéreux qui nécessitent une perfusion intraveineuse, l’amivantamab est administré par une petite injection sous-cutanée, ce qui rend le traitement plus rapide et plus pratique pour les patients.
Il est administré une fois toutes les trois semaines, et la plupart des effets secondaires observés chez les patients de l’essai étaient légers à modérés.
Les médecins ont indiqué que moins d’un patient sur dix avait interrompu le traitement en raison d’effets secondaires.
Les patients de l’essai clinique, qui ont reçu l’amivantamab, ont survécu en moyenne un an après le début du traitement, malgré une forme de cancer dont le pronostic est très défavorable.
Le communiqué indique que les tumeurs ont commencé à réagir au bout d’environ six semaines, et que les patients ont survécu en moyenne un peu plus de six mois avant que le cancer ne recommence à se développer.
«Il s’agit de réponses d’une intensité sans précédent chez des patients dont la maladie est devenue résistante à la fois à la chimiothérapie et à l’immunothérapie. Il s’agit d’un groupe de patients pour lesquels les options de traitement sont extrêmement limitées ; il est donc très frappant de constater un tel niveau de bénéfice», a expliqué Kevin Harrington, professeur de thérapies biologiques contre le cancer à l’institut, dans un communiqué de l’ICR.
Carl Walsh, un participant atteint d’un cancer de la langue, a affirmé que le traitement avait réduit sa douleur et son gonflement, et qu’il ne souffrait plus des mêmes effets secondaires qui avaient un impact sur sa vie comme lors de la chimiothérapie.
«J’ai d’abord été traité à la fois par chimiothérapie et par immunothérapie, mais malheureusement sans succès. C’est à ce moment-là qu’on m’a recommandé de participer à l’essai OrigAMI-4. J’en suis maintenant à mon 17e cycle de traitement et je suis très satisfait des progrès réalisés jusqu’à présent», a mentionné cet homme de 56 ans, qui vit à Birmingham, au Royaume-Uni. «Je me sens désormais capable de mener une vie normale.»
L’étude a exclu les patients atteints d’un carcinome épidermoïde de l’oropharynx positif au virus du papillome humain (VPH).
Les cancers de la tête et du cou qui ne sont pas causés par le VPH sont généralement plus difficiles à traiter et répondent moins bien aux traitements standard, a indiqué l’ICR.
Les patients participant à l’essai provenaient de 11 pays différents et ont été traités dans 55 hôpitaux.
Le cancer de la tête et du cou est le sixième cancer le plus fréquent au monde et comprend les cancers touchant la bouche, la langue et la gorge.
Selon la Société canadienne du cancer, on estime que 8200 personnes recevront un diagnostic de cancer de la tête et du cou au Canada en 2026. La Société indique que la majorité des diagnostics concerneront des hommes et qu’environ 2300 personnes en mourront.

