Alors que les températures baissent et que les nuits deviennent plus fraîches, une autre menace transmise par les tiques gagne du terrain parallèlement à la maladie de Lyme, mieux connue — et les responsables de la santé affirment qu’elle est souvent plus difficile à dépister à un stade précoce et plus dangereuse une fois qu’elle s’est installée.
Ce texte est la traduction d’un article de CTV News.
La tique à pattes noires (du chevreuil), déjà reconnue comme le principal vecteur de la maladie de Lyme au Québec, propage également l’anaplasmose à un rythme croissant. Il s’agit de la deuxième maladie transmise par les tiques la plus courante dans la province, touchant aussi bien les humains que les chevaux et les chiens.
«L’anaplasmose est transmise par une bactérie appelée Anaplasma phagocytophyllum», a expliqué Kristen Crandall, conseillère scientifique à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). «Elle est très similaire à la maladie de Lyme dans la mesure où il s’agit également d’une bactérie. Le vecteur est la même tique, mais les symptômes ont tendance à être légèrement différents.»
Plus grave que la maladie de Lyme
Mme Crandall a indiqué que, bien qu’elle soit loin d’être aussi répandue que la maladie de Lyme, elle est «nettement plus grave».
«Comme ses symptômes sont moins prononcés, le diagnostic peut prendre un peu plus de temps, ce qui peut entraîner l’apparition de symptômes plus tardifs», a-t-elle dit. «C’est pourquoi les gens ont parfois tendance à commencer leur traitement un peu plus tard, ce qui peut entraîner des complications plus graves, car leur corps tente déjà de lutter contre une maladie qui peut se propager relativement rapidement.»
Selon elle, les premiers symptômes ressemblent à ceux de la grippe : fièvre, frissons, maux de tête et douleurs musculaires. Les symptômes ultérieurs peuvent être plus graves, notamment une défaillance d’organe, une insuffisance respiratoire et des manifestations neurologiques.
Le Journal médical canadien rapporte que les effets de la maladie peuvent également inclure une myocardite, une encéphalite et une insuffisance rénale aiguë.
L’INSPQ indique qu’entre 2019 et 2024, près de la moitié (43 %) des 101 cas humains d’anaplasmose ont nécessité une hospitalisation. Toutefois, le taux de mortalité est inférieur à 1 %.
Contrairement à la maladie de Lyme, il n’existe aucun traitement préventif contre l’anaplasmose et la période de transmission est courte.
«La bactérie peut être transmise par une tique infectée même si celle-ci est retirée dans les 24 heures», a précisé l’INSPQ.
Une hausse parallèle à celle de la maladie de Lyme
Jusqu’à présent en 2026, le ministère de la Santé du Québec a signalé 50 cas de la maladie, ce qui signifie que le nombre de cas est en voie d’augmenter par rapport à 2025, année où 71 cas avaient été signalés dans la province. En 2025, un total de 869 cas de maladie de Lyme avait été signalé.
Le nombre de 2025 représentait près du double des 37 cas d’anaplasmose recensés l’année précédente, en 2024, année où 728 cas de maladie de Lyme avaient été signalés.
«Nous avons constaté, surtout ces dernières années, que cette augmentation est un peu plus marquée qu’auparavant», a rapporté Mme Crandall.
Le ministère de la Santé a indiqué que la plupart des cas avaient été signalés dans les régions des Cantons-de-l’Est et de la Montérégie.
Le Québec se classe au troisième rang, derrière l’Ontario et la Nouvelle-Écosse, pour ce qui est du nombre de maladies transmises par les tiques.
Les États américains frontaliers du Maine, de New York et du Vermont comptent parmi les huit États des États-Unis qui signalent 90 % des cas d’anaplasmose dans le pays.
La maladie a été identifiée pour la première fois en Écosse en 1932, puis détectée en Californie en 1969. Le premier cas au Canada a été signalé en Alberta en 2009, et la maladie est apparue au Québec en 2019.
Seize cas chez des chevaux et des chiens ont été signalés dans cinq régions du Québec.
Enlevez-les rapidement
Les experts s’entendent pour dire que les tiques ne sont pas près de disparaître et les chiffres montrent que les maladies qu’elles transmettent ne feront que se multiplier.
«Nous devons apprendre à nous adapter, et c’est pourquoi il faut mettre en place ces mesures préventives et les intégrer à votre routine, surtout si vous vous trouvez dans des zones à haut risque», a prévenu Mme Crandall, qui a toujours à portée de main une trousse contenant trois paires de pinces à épiler et un pilulier pour y mettre la tique.
«Plus vite vous vous débarrassez de la tique, plus vous avez de chances de ne pas contracter l’une de ces différentes maladies transmises par les tiques», a-t-elle ajouté.
De plus, voici quelques bonnes habitudes à adopter : bien que le nombre de cas d’anaplasmose ne soit pas élevé pour le moment, l’INSPQ et d’autres organismes de santé et de protection de la faune s’efforcent d’identifier les cas, de comprendre la situation et de formuler des recommandations.
- Inspectez votre corps après avoir passé du temps à l’extérieur
- Utilisez différents répulsifs anti-insectes
- Portez des pantalons longs et des chandails à manches longues
- Prenez un bain ou une douche dans les deux heures suivant votre retour à l’intérieur
«À terme, ces deux maladies (la maladie de Lyme et l’anaplasmose) seront de plus en plus fréquentes, et nous devons simplement en être très conscients», a soutenu Mme Crandall. «Nous tenons à nous assurer d’être au courant de la situation, en surveillant de près ce qui se passe, afin de pouvoir ensuite formuler des recommandations ou aider au mieux la population à éviter de contracter ces différentes maladies.»
