Santé

Une experte dénonce des mythes sur la contraception sans fondements scientifiques

Les méthodes contraceptives hormonales restent des options sûres et efficaces pour de nombreuses patientes.

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La pilule contraceptive La pilule contraceptive (CTV News)

Une obstétricienne-gynécologue remet en question des idées reçues persistantes sur la contraception hormonale, soutenant que les craintes concernant l’infertilité, la prise de poids ou les «pauses détox» ne reposent pas sur des preuves scientifiques.

Dans une entrevue accordée à CTV Your Morning, la Dre Julie Thorne du Women’s College Hospital de Toronto a affirmé que les méthodes contraceptives hormonales, notamment les pilules, les patchs et les anneaux vaginaux, restaient des options sûres et efficaces pour de nombreuses patientes.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

Explication des méthodes courantes

«La pilule contraceptive est probablement le moyen de contraception le plus connu et le plus populaire», a rapporté la Dre Thorne, expliquant que la plupart des pilules contiennent une combinaison d’œstrogènes et de progestatifs et sont prises quotidiennement, souvent avec un court intervalle sans hormones qui déclenche des saignements de privation.

Parmi les autres options hormonales, on trouve le patch hebdomadaire et les anneaux vaginaux, qui sont changés environ toutes les quatre semaines. Les méthodes à action prolongée comprennent les implants et les dispositifs intra-utérins (DIU), qui peuvent être hormonaux ou non hormonaux et durer entre 5 et 10 ans.

Mythe sur l’infertilité

Selon la Dre Thorne, des informations erronées continuent de circuler, notamment en ligne, sur la question de savoir si la contraception hormonale peut causer l’infertilité, et que cela peut influencer la prise de décision.

«C’est absolument faux», a-t-elle dit. «De nombreuses preuves montrent qu’une fois que l’on arrête cette méthode, la fertilité revient.»

Elle a noté une exception limitée concernant un contraceptif injectable administré tous les trois mois, qui peut retarder le retour de l’ovulation mais ne cause pas d’infertilité.

Inquiétudes liées à la prise de poids

Les inquiétudes concernant la prise de poids sont également largement infondées, a-t-elle lancé.

«Il n’existe aucune preuve que l’une des méthodes que j’ai mentionnées entraîne une prise de poids», a expliqué la Dre Thorne, ajoutant que cette même méthode injectable a été associée à «une prise de poids pouvant atteindre environ 3,4 kg sur deux ans», mais pas chez toutes les utilisatrices.

Sautes d’humeur

Cependant, les changements d’humeur peuvent varier d’une personne à l’autre.

«C’est beaucoup plus nuancé. La réponse est à la fois oui et non», a avancé l’experte. «Pour certaines personnes, cela n’a aucun effet sur leur humeur, pour d’autres, si.»

Elle a précisé que les effets sur l’humeur signalés sont généralement modérés et plus fréquemment observés chez les adolescentes, en particulier au cours des six premiers mois d’utilisation.

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Pauses «détox»

Mme Thorne a également rejeté l’idée selon laquelle les utilisatrices doivent cesser périodiquement de prendre un contraceptif hormonal.

«C’est faux», a-t-elle prévenu. «Mais il n’y a pas non plus d’avantage pour la santé à faire des pauses.»

Elle a ajouté que l’arrêt et la reprise de la contraception peuvent augmenter la probabilité d’effets secondaires et accroître le risque de grossesse non désirée.

Accéder à des informations fiables

La Dre Julie Thorne a encouragé les gens, en particulier les jeunes patientes, à rechercher des informations fiables auprès de sources crédibles et de professionnels de la santé.

«Il y a deux sites web que j’apprécie particulièrement: l’un s’appelle sex&U.ca», a-t-elle mentionné, en référence à une ressource de la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada. Elle a également mentionné le site américain bedsider.org comme une autre option fondée sur des données probantes.

Selon elle, les cliniques de santé sexuelle peuvent offrir des soins confidentiels à celles et ceux qui ne se sentent pas à l’aise de parler à leur médecin traitant.

Archie Niari

Archie Niari

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Journalist, CTVNews.ca