La passion de Popeye le marin pour les épinards est bien plus qu’un simple gag de dessin animé, selon une nouvelle étude qui établit un lien entre les légumes verts à feuilles et une meilleure santé pulmonaire.
Ce texte est une traduction d’un contenu de CTV News.
Cette étude, menée par l’Université Edith Cowan en Australie et publiée dans The American Journal of Clinical Nutrition, a démontré que les légumes riches en vitamine K1, comme les épinards et le chou frisé, peuvent réduire le risque de maladies pulmonaires chroniques.
«Une seule portion supplémentaire de légumes verts à feuilles comme le chou frisé, soit environ une tasse et demie à deux tasses par jour, constitue un moyen réalisable d’augmenter votre apport en vitamine K1», a déclaré le chercheur Chengfeng Li dans un communiqué de presse.
«Consommer davantage de légumes verts à feuilles est une mesure simple qui pourrait contribuer à préserver la santé pulmonaire à long terme.»
— Chengfeng Li, chercheur
Les participants à l’étude qui consommaient le plus de légumes verts riches en vitamine K1 étaient moins susceptibles de développer une maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC). Selon la Fondation pour la santé pulmonaire, environ deux millions de Canadiens vivent avec la MPOC.
Selon l’Agence de la santé publique du Canada, la maladie touche généralement les personnes âgées de plus de 55 ans. Le tabagisme est à l’origine de 80 à 90 % des cas de MPOC, précise l’agence. Par ailleurs, des polluants tels que les poussières et les émanations provenant notamment du charbon, des céréales et d’autres sous-produits industriels peuvent contribuer au développement de la MPOC chez les patients.
Impact de la vitamine K1
L’étude a suivi 179 000 adultes sur une période de dix ans, afin d’évaluer comment la quantité de K1 dans l’alimentation d’un sujet influençait la fonction pulmonaire et le risque de développer une MPOC.
Les participants à l’étude dont l’alimentation présentait les niveaux les plus élevés de K1 avaient 16 % moins de risques de développer une MPOC que ceux dont l’apport en K1 était le plus faible. Les chercheurs ont également constaté que les personnes dont l’alimentation était riche en vitamine K1 avaient généralement des poumons plus robustes, capables de contenir et de faire circuler davantage d’air.
«La vitamine K active probablement une protéine qui protège les fibres élastiques des poumons – ces minuscules structures qui permettent à vos poumons de se dilater et de se contracter», a écrit Marc Sim, coauteur de l’étude, dans un communiqué de presse.
«Lorsque ces fibres se détériorent, la respiration devient plus difficile au fil du temps. Ce nutriment pourrait aider à préserver la souplesse du tissu pulmonaire et à prévenir les lésions.»
La viande, les œufs et les produits laitiers contiennent également une forme de vitamine K, appelée vitamine K2. Les chercheurs ont constaté qu’un régime riche en K2 n’avait pas d’effet positif sur le risque de MPOC.
Les auteurs de l’étude ont émis l’hypothèse que la vitamine K2 pourrait aider à lutter contre la MPOC, mais que les aliments qui en contiennent, principalement les produits d’origine animale riches en protéines et les produits laitiers, pourraient annuler les bienfaits de la K2.
Les légumes verts à feuilles peuvent contribuer à réduire le risque de MPOC, mais le tabagisme demeure le principal facteur de risque, selon les chercheurs et Santé Canada.
«La meilleure chose que vous puissiez faire pour vos poumons est d’arrêter de fumer et de réduire votre exposition à la pollution environnementale», a soutenu M. Li. «Mais une alimentation saine peut tout de même jouer un rôle de soutien en contrebalançant certains des dommages causés par ces facteurs nocifs.»

