Santé

Une élève élabore un moniteur cardiaque fait de carapaces de homards

Elle espère que cette innovation sera un jour largement utilisée.

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Les élèves de l'école secondaire St. Malachy’s Memorial, Xixiang Ge, de gauche à droite, Melody Ovuakporoyecha et Rhailyn Pyke, posent pour une photo lors de la remise du prix «Samsung Solve for Tomorrow» à Mississauga, en Ontario, sur une photo non ... Les élèves de l'école secondaire St. Malachy’s Memorial, Xixiang Ge, de gauche à droite, Melody Ovuakporoyecha et Rhailyn Pyke, posent pour une photo lors de la remise du prix «Samsung Solve for Tomorrow» à Mississauga, en Ontario, sur une photo non datée. (École secondaire St. Malachy’s Memorial via La Presse Canadienne)

Une élève du secondaire du Nouveau-Brunswick a mis au point des moniteurs de surveillance cardiaque respectueux de l’environnement, fabriqués à partir de matériaux issus de carapaces de homard. Elle espère que ces dispositifs seront adoptés par les hôpitaux de toute la province.

Melody Ovuakporoyecha, élève du programme «placement avancé» (AP) à l’école secondaire St. Malachy’s Memorial à Saint-Jean, a mené des recherches et mis au point des électrodes alternatives qui sont biodégradables, compostables et réutilisables.

Les électrodes traditionnellement utilisées dans les hôpitaux sont des capteurs en plastique contenant de nombreux produits chimiques qui finissent dans les décharges.

Mme Ovuakporoyecha affirme que celles qu’elle a mises au point sont également moins irritantes pour la peau des patients, ce qui offre un plus grand confort, en particulier pour les personnes âgées, tout en transmettant de manière fiable le signal électrique nécessaire à la surveillance de la fréquence cardiaque.

Elle espère que cette innovation sera un jour largement utilisée.

«Je suis originaire du Nigeria, j’ai donc vu de mes propres yeux comment les lacunes des systèmes de santé peuvent affecter les gens, et cela m’a marquée», a raconté Mme Ovuakporoyecha, lors d’une récente entrevue téléphonique.

«Cela m’a donc donné envie d’explorer des solutions qui soient non seulement innovantes, mais aussi accessibles. Je voulais également avoir un impact au niveau local, en commençant par Saint-Jean, et réfléchir à la manière dont des innovations comme celle-ci pourraient bénéficier à mes communautés avant de les déployer à plus grande échelle.»

Le travail de Mme Ovuakporoyecha et de 10 de ses camarades plus jeunes, guidés par trois enseignants, a été récompensé au niveau national le mois dernier à Toronto.

L’école secondaire St. Malachy’s Memorial a été désignée vainqueur parmi les huit finalistes du concours «Solve for Tomorrow» de Samsung — et a remporté 50 000 $ en bons d’achat technologiques Samsung pour moderniser son établissement.

Mme Ovuakporoyecha menait des recherches sur l’interaction entre les prothèses et le système nerveux lorsqu’elle a découvert les hydrogels, un matériau semblable au plastique capable d’absorber et de retenir de grandes quantités d’eau tout en conservant sa forme.

Elle a compris qu’ils fonctionnaient bien comme biocapteurs, car ils sont conducteurs, n’irritent pas la peau et possèdent des propriétés antibactériennes.

Les déchets de coquilles brutes sont un sous-produit de l’industrie commerciale des produits de la mer. L’innovation des élèves propose d’isoler un polymère appelé chitine, qui est ensuite transformé en une poudre biocompatible appelée chitosane.

Cette poudre est ensuite transformée en hydrogel qui, selon les chercheurs, peut être utilisé en toute sécurité comme biocapteur sur des patients.

Une équipe de jeunes chercheurs

Mme Ovuakporoyecha n’a pas travaillé seule.

Plus tôt dans l’année scolaire, elle et ses camarades de recherche de 12e année du programme AP ont présenté leurs projets à des élèves d’AP d’une année plus jeunes.

Rhailyn Pyke, l’une des élèves de 11e année qui s’est inscrite au projet de Mme Ovuakporoyecha, a été chargée d’étudier un effet indésirable potentiel de cette idée: les allergies aux fruits de mer.

Cependant, Mme Pyke a dit avoir découvert que les hydrogels ne provoquaient pas de réactions allergiques, car le chitosane ne contient pas de protéines allergènes.

L’équipe de recherche étudiante s’est également penchée sur d’autres défis potentiels.

Par exemple, les élèves ont examiné les changements concrets qui seraient nécessaires pour assurer une élimination appropriée des capteurs biodégradables, afin qu’ils ne finissent pas, après tout, dans une décharge.

«Au lieu de considérer cela comme une simple théorie, c’est quelque chose qui pourrait réellement être mis en œuvre et réalisé», a soutenu Mme Pyke, lors d’une entrevue.

Bien que les élèves n’aient pas testé les capteurs sur des personnes, des essais cliniques pourraient être envisagés à l’avenir, selon l’équipe de recherche.

Mme Ovuakporoyecha obtient son diplôme de St. Malachy’s Memorial cette année et s’inscrit à l’Université Western à London, en Ontario, pour obtenir un baccalauréat en sciences médicales.

Elle prévoit toutefois de continuer à étudier la faisabilité des biocapteurs et espère que la prochaine cohorte d’élèves du programme AP envisagera de reprendre le flambeau là où sa cohorte s’est arrêtée.

En réponse à une demande de commentaires, le réseau de la santé anglophone du Nouveau-Brunswick a fait remarquer que l’idée de Mme Ovuakporoyecha devrait passer par des tests rigoureux de Santé Canada avant d’être adoptée.

Dans un communiqué, Jennifer Sheils, directrice de l’innovation du Réseau de santé Horizon, a qualifié le projet d’«innovation audacieuse et axée sur les solutions».

«Il est passionnant de voir de jeunes Néo-Brunswickois réfléchir de manière critique aux besoins cliniques concrets et aux possibilités d’améliorer les soins aux patients.»