Un nouveau décret de Santé Canada pourrait accélérer l’homologation des médicaments au Canada en permettant de s’appuyer sur les décisions ou les documents fournis par certaines autorités réglementaires étrangères.
Dans un communiqué de presse publié mercredi, le ministère fédéral de la Santé a déclaré que cette approche permettrait de réduire les «duplications inutiles» tout en respectant les exigences nationales en matière de sécurité, d’efficacité et de qualité.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
Les responsables commenceront à appliquer cette approche aux médicaments à usage pédiatrique et aux médicaments vétérinaires, précise le communiqué.
L’agence fédérale sollicite également des commentaires sur une approche proposée visant à accorder la priorité à l’examen de certaines demandes d’homologation de médicaments impliquant une fabrication canadienne.
«Le soutien apporté au secteur canadien des médicaments génériques et des sciences de la vie jouera un rôle essentiel dans le renforcement de la sécurité de l’approvisionnement en médicaments et dans la prévention de pénuries dommageables qui pourraient nuire à la santé de la population canadienne», peut-on lire dans le communiqué.
Au cours des trois derniers mois, le ministère fédéral a homologué 537 nouveaux médicaments et appareils médicaux, a-t-il ajouté.
C’est également le premier pays du G7 à avoir approuvé trois versions génériques du sémaglutide, précise le communiqué. Le sémaglutide est un ingrédient pharmaceutique utilisé dans des médicaments destinés à la prise en charge du diabète et à la perte de poids, comme l’Ozempic.
Bien que ce décret représente un pas en avant vers la réduction des formalités administratives liées à l’approbation des médicaments essentiels au Canada, un expert estime que les détracteurs de l’ancien processus d’approbation des médicaments du pays pourraient «exagérer» la situation.
Joel Lexchin, professeur émérite à la Faculté de la santé de l’Université York, a déclaré dans un commentaire publié plus tôt cette année qu’il a été démontré que Santé Canada approuve au moins 70% des médicaments approuvés par son homologue américain, contrairement aux allégations selon lesquelles un pourcentage bien plus faible passerait le cap des processus d’examen.
«Pour les médicaments contre le cancer, ce chiffre est encore plus élevé», a-t-il ajouté dans l’article publié en mars par le Centre canadien de politiques alternatives.
Parmi les critiques, on note celle de l’Organisation canadienne des maladies rares, qui affirme que seulement 60% des traitements pour les maladies rares sont offerts au Canada et que la plupart sont approuvés jusqu’à six ans plus tard qu’aux États-Unis.

